Innovation : les chambres de commerce échangent leurs bonnes pratiques au congrès Eurochambres

A l’occasion du congrès Eurochambres, qui s’est tenu les 25 et 26 octobre à Paris, des représentants d’institutions publiques, notamment de chambres de commerce, ont partagé leurs expériences d’acteurs économiques locaux dans le soutien des villes ou de certains secteurs d’activité pour surmonter les crises et s’adapter au changement.

A l’occasion du congrès Eurochambres, qui s’est tenu les 25 et 26 octobre à Paris, des représentants d’institutions publiques, notamment de chambres de commerce, ont partagé leurs expériences d’acteurs économiques locaux dans le soutien des villes ou de certains secteurs d’activité pour surmonter les crises et s’adapter au changement.

En bref :

L’importance de l’investissement dans la recherche et le développement pour développer les villes a été au cœur des débats. Le directeur adjoint de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, également modérateur de la matinée, Jean-Louis Scaringella, n’a d’ailleurs pas manqué d’évoquer l’agenda européen de Lisbonne, qui a pour ambition de faire de l’Union européenne « la zone économique la plus compétitive du monde ». Il a par ailleurs rappelé les faibles progrès de l’Union européenne dans ce domaine.

« Aujourd’hui, les États-Unis consacrent 2,9% de leur PIB en Recherche et Développement ; le Japon 3,2%. En Europe, le chiffre n’est que de 1,9%. Même la Chine et l’Inde nous ont dépassé », a-t-il indiqué.

Or, la stratégie de Lisbonne prévoit que l’UE devrait y consacrer 3% de son PIB d’ici à 2010. «  Nous ne tiendrons pas l’agenda de Lisbonne », a conclu Jean-Louis Scaringella.

Ces chiffres, peu flatteurs pour l’Europe, ne doivent pas faire oublier les actions des acteurs locaux de terrain, qui à force d’innovation, trouvent souvent des solutions pour aider les territoires à surmonter les crises. L’intervention du maire de la ville finlandaise de Jyvaskyla, Makku Andersson, a, à ce titre, été édifiante.

Success story finlandaise

Située à 300 km au nord d’Helsinki, cette commune en crise, touchée par la mutation des industries, est aujourd’hui une ville prospère, tournée vers les technologies d’avenir.

Photos à l’appui, le maire de la ville a expliqué comment l’ancien quartier industriel de Jyvaskyla, en ruine dans les années 90, était devenu un quartier d’affaire dynamique, truffé de verdure et dans lequel les prix de l’immobilier explosent.

Selon lui, une telle mutation a été possible grâce à trois principes de bases  : l’innovation, la coopération (public-privé en particulier) et « l’idéologie Y4 ». Cette dernière vise à «promouvoir l’esprit d’entreprise dans la société au moyen de la coopération ». En 2006, le projet Y4, qui regroupe 36 organisations publiques dont l’objectif est de rendre la Finlande centrale plus accueillante pour les entreprises, a remporté le Grand prix européen de l’esprit d’entreprise, décerné par la Commission européenne.

Répondre à une crise

Les solutions trouvées par la Chambre de commerce et de l’industrie d’Afyon, une commune turque spécialisée dans la production d’œuf pour aider cette filière à surmonter la crise de la grippe aviaire, sont un autre exemple du rôle crucial des structures publiques, comme les chambres de commerce, dans le développement des territoires.

En 2005, deux cas de grippe aviaire ont été recensés en Turquie. Située entre Izmir et Ankara, Afyon, qui ne produit pas moins de 4,5 millions d’œufs par jour a été touchée de plein fouet. La consommation des produits issus de la volaille a en effet chuté d’un seul coup.

« Même si les cas de grippe aviaire n’étaient pas situés chez nous, nous étions affectés. Comment restructurer le secteur ? ». Trois actions, menées sous la houlette de la chambre de commerce et de l’industrie, ont permis au secteur de ne pas s’effondrer  :

  • Concentrer les moyens de production par la fusion de 25 entreprises locales.
  • Définir une productivité adaptée en misant sur la biosécurité et le contrôle qualité. Une campagne médiatique de plus d’un million de dollars fut même organisée pour encourager les Turcs à manger des œufs.
  • Développer l’exportation pour relancer l’activité économique et même la développer. Cette dernière mesure a été une grande réussite et a permis de relancer et développer l’activité économique.

« Les entreprises ne savaient pas comment exporter une marchandise aussi délicate que l’œuf. Nous avons donc joué un rôle de conseil », explique le directeur de la chambre de commerce et de l’industrie. « En neuf mois, nous avons exporté l’équivalent d’un quart de la production annuelle turque en Irak, pour 7,7 millions de dollars ».