Innovation : l'Asie amenée à défier l'Europe et les Etats-Unis [FR]

Selon une nouvelle étude, "le centre de gravité de l'innovation commence à se déplacer d'Ouest en Est", mettant au défi l'Europe qui s'efforce de devenir "l'économie de la connaissance la plus compétitive au monde".

Selon une nouvelle étude, « le centre de gravité de l’innovation commence à se déplacer d’Ouest en Est », mettant au défi l’Europe qui s’efforce de devenir « l’économie de la connaissance la plus compétitive au monde ».

Selon une étude publiée par le think tank britannique Demos le 17 janvier 2007, « la prééminence américaine et européenne en matière d’innovation scientifique ne peut plus être tenue pour acquise ». Cette étude affirme que l’essor rapide de la Chine, de l’Inde et de la Corée du Sud redessinera le paysage mondial de l’innovation et menacera la position de l’Europe dans les secteurs reposant sur la connaissance.

Selon cette étude, de plus en plus d' »emplois de la connaissance » seront délocalisés, la R&D s’internationalisera et en Europe, la part des revenus générés par les droits de la propriété intellectuelle pourrait diminuer.

L’étude estime que l’Europe doit agir rapidement, tout en lui recommandant de ne pas adopter d’attitude défensive contre cette nouvelle menace de concurrence en « se réfugiant dans le nationalisme technologique ».

En effet, l’essor de l’innovation asiatique devrait aussi créer de nouvelles opportunités : « Les innovateurs européens trouveront de nouveaux consommateurs à qui vendre et de nouveaux partenaires de collaboration. Disposant de meilleurs outils, les chercheurs seront plus à même de relever les défis mondiaux tels que le changement climatique et les nouvelles pandémies ».

L’étude considère que l’Europe ne pourra prospérer dans cet environnement mondial de plus en plus concurrentiel en matière d’innovation qu’en :

  • Investissant plus massivement dans la R&D et en se montrant plus productive et plus créative dans l’utilisation des ressources : en 2005, les dépenses de la Corée du Sud en R&D approchaient celles de l’UE, soit 3% du PIB, dont environ 75% financés par le secteur privé de l’industrie. Dans le même temps, bien que celles de la Chine se situent à hauteur de 1,3% de son PIB, elles ont augmenté chaque année de plus de 20% depuis 1999. L’investissement européen dans la recherche, par comparaison, ne représente encore que 1,85% de son PIB, financé à 50% seulement par les entreprises pour n’atteindre que 4% de croissance par an depuis 1998.

  • Encourageant des approches de collaboration au niveau mondial pour créer des économies d’échelle.

  • Renforçant les liens entre les universités et le monde des entreprises et de la finance.

  • Devenant un « centre d’attraction pour talents » en faisant la promotion des bourses d’études et des échanges bilatéraux, afin de sensibiliser les scientifiques et les étudiants européens à la culture et aux sciences asiatiques.

  • Contruisant des banques de la connaissance qui conserveraient les traces des résultats des recherches et de l’innovation du monde entier.