Ingérence étrangère : l’eurodéputé AfD Maximilian Krah ne fera pas l’objet d’une enquête pour espionnage chinois
La tête de liste du parti d’extrême droite AfD, Maximilian Krah, ne fera pas l’objet d’une enquête sur les allégations d’espionnage chinois portant sur son ancien assistant, mais il reste visé par d’autres enquêtes.
La tête de liste du parti d’extrême droite allemand Alternative pour l’Allemagne (AfD), l’eurodéputé Maximilian Krah, ne fera pas l’objet d’une enquête au sujet des allégations d’espionnage pour le compte de la Chine portant sur son ancien assistant, mais il reste visé par d’autres enquêtes préliminaires sur des soupçons de pots-de-vin, selon les informations d’Euractiv.
Maximilian Krah est devenu une source d’embarras pour son parti, l’AfD, qui l’avait pourtant désigné il y a environ un an à une large majorité comme tête de liste aux élections européennes de juin. En effet, les soupçons se sont accumulés ces dernières semaines sur l’avocat de 47 ans, député européen depuis 2017.
La semaine dernière, l’un de ses anciens assistants parlementaires, Jian Guo, a été arrêté après avoir été soupçonné de travailler pour les services de renseignement chinois.
Euractiv a récemment appris que l’eurodéputé allemand, qui appartient au groupe parlementaire Identité et Démocratie (ID), ne ferait cependant pas l’objet d’une enquête dans l’affaire d’espionnage de son assistant.
Le procureur fédéral a confirmé à M. Krah que l’enquête pour « suspicion d’avoir agi en tant qu’agent de renseignement pour un service de renseignement chinois dans une affaire particulièrement grave » ne le ciblait pas personnellement, mais uniquement son ancien assistant.
Jian Guo se voit reprocher par le parquet fédéral d’avoir espionné pour le compte de Pékin au cœur même du Parlement européen, qui a par ailleurs demandé dans une résolution fin avril à l’AfD de « déclarer publiquement et sans délai ses relations financières, en particulier avec le Kremlin », tout en insistant sur le fait « si la Russie reste la principale source d’ingérence étrangère et de désinformation dans l’UE, d’autres pays sont également actifs ».
Autres enquêtes
Les autorités allemandes poursuivent toutefois leurs enquêtes préliminaires sur les soupçons de corruption entre l’eurodéputé AfD et la Russie et la Chine. Ce travail est effectué par un procureur régional, qui a confirmé à Euractiv que deux affaires non liées à son assistant font toujours l’objet d’une enquête préliminaire.
Il s’agit de « vérifier s’il existe un soupçon initial », a réagi l’intéressé sur X fin avril, ajoutant que « nous sommes donc toujours dans le domaine des suppositions et des insinuations ».
Avant qu’une enquête officielle puisse commencer, le Parlement européen devrait lever l’immunité de M. Krah en tant que membre du Parlement européen.
La semaine dernière, les autorités ont confirmé le lancement d’une enquête préliminaire sur l’eurodéputé pour déterminer « s’il existait effectivement un soupçon initial de comportement criminel impliquant la corruption d’un membre du Parlement ».
Cette enquête préliminaire a été ouverte après la divulgation de liens étroits entre M. Krah et la Chine et la révélation par les services de renseignement tchèques selon lesquelles il aurait reçu de l’argent par l’intermédiaire d’un média accusé d’être un outil de propagande russe.
Il est trop tard pour que l’AfD change de tête de liste, selon les règles électorales européennes. Le parti a demandé en conséquence à l’eurodéputé de faire profil bas en évitant de participer à des meetings de campagne.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]