Ingérence étrangère : le RN demande des explications à son allié allemand de l'AfD
Après les scandales d’espionnage et d’influence étrangère impliquant le parti d’extrême droite allemand AfD, le RN a annoncé jeudi (25 avril), par l'intermédiaire de son directeur de campagne, qu’il resterait « vigilant » et qu’il réévaluerait ses liens avec le parti après les élections de juin.
Après les scandales d’espionnage et d’influence étrangère impliquant le parti d’extrême droite allemand Alternative pour l’Allemagne (AfD), le Rassemblement national (RN) a annoncé jeudi (25 avril), par l’intermédiaire de son directeur de campagne, qu’il resterait « vigilant » et qu’il réévaluerait ses liens avec le parti après les élections de juin.
Peu après l’arrestation d’un assistant de l’eurodéputé d’extrême droite allemande Maximilian Krah (AfD), accusé d’espionnage pour le compte de la Chine, des médias ont révélé que les autorités enquêtaient également sur M. Krah lui-même.
Parallèlement à cela, Petr Bystron, membre éminent de l’AfD et second sur la liste électorale pour les Européennes, a été accusé début avril d’avoir reçu des fonds de la Russie.
Interrogé par Euractiv, Alexandre Loubet, directeur de campagne du RN pour les élections européennes, a affirmé que le RN « n’exclut rien » et reste « très vigilants sur les prises de position [de l’AfD] ».
Condamnant « toutes les formes d’ingérence, quelle que soit la puissance », M. Loubet a ajouté que le RN refuserait « d’une manière ou d’une autre » de « s’affilier à des personnes qui peuvent en être à l’origine ».
Il a toutefois précisé que toute décision sur la rupture des liens avec le parti allemand serait prise après le scrutin de juin.
« Il y a une présomption d’innocence », a-t-il déclaré, ajoutant que « des explications sont en cours avec les cadres de l’AfD et par conséquent nous aviserons le lendemain des élections européennes sur la manière dont nous entretiendrons des relations avec ce parti ».
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Le RN pourrait attendre l’issue des élections pour décider du futur de ses relations avec l’AfD, afin de mieux évaluer ses options pour de nouvelles alliances et en attendant de nouvelles informations sur l’affaire d’espionnage.
Une rupture éventuelle entre l’AfD et le RN, deux des plus grandes délégations d’extrême droite Parlement européen, poserait un problème majeur au groupe Identité et Démocratie (ID), auquel appartient également la Lega italienne. L’un des deux partis pourrait en effet devoir quitter le groupe.
Tandis que l’AfD marche sur la voie de l’ostracisation, le RN de Marine Le Pen attire les convoitises notamment de l’ancien Premier ministre polonais et leader du parti Droit et Justice (PiS), Mateusz Morawiecki, qui a exprimé son désir de resserrer les liens avec le RN.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán (Fidesz) est lui aussi intéressé par le RN et est très désireux de remanier les forces de droite et d’extrême droite du Parlement afin de créer une « contre-force efficace » à la majorité traditionnelle pro-UE composée des socialistes (S&D), des libéraux (Renew), et du centre droit (PPE), a déclaré son directeur politique, Balázs Orbán.
En janvier, le RN avait déjà remis en question son alliance européenne au sein du groupe ID avec l’AfD en raison d’allégations selon lesquelles certains responsables du parti allemand étaient impliqués dans des discussions sur l’expulsion de citoyens allemands issus de l’immigration, ou « remigration ».
Plus récemment, Mme Le Pen s’en est pris à l’AfD après les critiques sur le statut territorial du département français d’outre-mer de Mayotte.
Paul Messad a contribué à la rédaction de cet article
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]