ING s'acquitte de 1,6 million d'euros pour ne pas avoir signalé les transactions suspectes de Reynders
Le montant de l'accord conclu avec ING correspond à l'amende maximale prévue en Belgique en matière de blanchiment d'argent
La succursale belge de la banque ING a dû s’acquitter d’une amende de 1,6 million d’euros pour ne pas avoir signalé des dépôts en espèces suspects effectués par l’ancien commissaire européen à la Justice, Didier Reynders.
Reynders avait été accusé de corruption et de blanchiment d’argent en 2019, mais ces poursuites avaient finalement été abandonnées. La banque a toutefois été interpellée par la Banque nationale de Belgique (BNB), qui lui a demandé pourquoi elle n’avait pas réagi face aux centaines de dépôts signalés lors d’enquêtes ultérieures. Les procureurs ont identifié 245 dépôts en espèces entre 2001 et 2017 (d’une valeur totale de 836 500 €) et 779 virements e-Lotto entre 2017 et 2024 (d’une valeur totale de 202 491 €).
Les banques sont légalement tenues de signaler les transactions suspectes aux autorités financières et, comme Reynders était un homme politique de haut rang – ayant occupé les fonctions de ministre des Affaires étrangères et des Finances de la Belgique, ainsi que de commissaire européen –, il aurait dû faire l’objet d’une surveillance particulière. Mais ce n’est qu’en 2023 qu’ING a signalé ces activités suspectes.
Le versement effectué par ING aux autorités financières belges s’inscrivait dans le cadre d’un règlement à l’amiable, rapporte De Standaard, et correspond à l’amende maximale prévue en Belgique pour blanchiment d’argent. Les poursuites pénales ont désormais été abandonnées, bien qu’ING ait déclaré que ce paiement ne constituait pas un aveu de culpabilité.
L’enquête sur le rôle d’ING était distincte de l’enquête judiciaire sur l’origine de l’argent présumé non déclaré sur le compte de Reynders. Cette enquête est toujours en cours.
(aw)