Indignation face à la proposition visant à lever l’interdiction des « poulets chlorés » [FR]

Les députés de tous les horizons politiques ont violemment réagi face à la proposition de la Commission présentée hier, 28 mai, pour autoriser à nouveau les importations de volaille traitée avec des substances chimiques, principalement en provenance des Etats-Unis.

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Les députés de tous les horizons politiques ont violemment réagi face à la proposition de la Commission présentée hier, 28 mai, pour autoriser à nouveau les importations de volaille traitée avec des substances chimiques, principalement en provenance des Etats-Unis.

Concrètement, la Commission souhaite autoriser les entreprises à utiliser quatre substances antimicrobiennes actuellement interdites pour décontaminer les carcasses de volaille.

L’exécutif européen affirme que les substances ont passé les contrôles de l’Autorité européenne pour la sécurité des aliments et que les carcasses devront automatiquement être rincées à l’eau potable après le traitement, ôtant ainsi tout résidu éventuel sur le produit fini.

Mais les eurodéputés de la commission parlementaire Environnement ont été scandalisés par la décision qui, selon eux, va à l’encontre des normes communautaires en matière de production alimentaire. « Désinfecter les poulets à l’eau de javel à des fins de consommation humaine n’est pas acceptable dans l’UE (…) De telles méthodes de production alimentaire sont contraires aux normes communautaires et menacent l’ensemble des standards et des règles de l’UE en matière de production alimentaire », affirme un communiqué de presse du Parlement.

Les eurodéputés n’auront cependant pas leur mot à dire sur le sujet, puisque la question sera traitée par les experts techniques nationaux du Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale (CPCASA), selon la « procédure de comitologie ».

Si elle est approuvée, la proposition lèvera effectivement un embargo de 11 ans sur la volaille américaine, généralement traitée avec ce type de procédés.

Pendant des années, les Etats-Unis ont fait pression pour que l’interdiction soit levée, mais en vain. Cependant, la question a été récemment identifiée comme un thème prioritaire dans la nouvelle procédure du Conseil européen transatlantique, destinée à supprimer les derniers obstacles réglementaires qui entravent le commerce et l’investissement entre les deux géants économiques.

Lors de la dernière réunion du Conseil le 13 mai, le commissaire européen à l’Entreprise, Günter Verheugen, aurait garanti à l’envoyé spécial des Etats-Unis auprès de l’UE, Boyden Gray, que le problème de la volaille serait « réglé » avant le sommet UE-Etats-Unis à Ljubljana en juin.

Mais la réussite de l’initiative de l’exécutif européen est loin d’être garantie. La France mène l’opposition aux plans de la Commission, affirmant qu’ils nuiraient aux efforts fournis pour réduire les taux de contamination bactérienne, comme la salmonelle, en Europe.

Cependant, de nombreux autres gouvernements sont vigoureusement opposés à toute forme de compromis concernant les normes de sécurité alimentaire, qui sont dans l’UE les plus élevées au monde.

Enfin, alors que les initiatives françaises – destinées à adapter les règles commerciales internationales pour permettre aux pays de bloquer plus facilement les importations de produits alimentaires sur des motifs liés à la santé et à la sécurité des aliments – sont souvent qualifiées de protectionnistes par d’autres pays, même les pays européens les plus favorables au libre échange comme la Suède commencent à plaider en faveur d’un tel système.