Indépendance de la Catalogne : pas encore de négociations avec Madrid, selon Carles Puigdemont
« Il n’y a pas de négociations » sur un référendum d’indépendance de la Catalogne, a indiqué jeudi l’ancien Premier ministre de la région espagnole, Carles Puigdemont, réfutant les informations diffusées par les médias.
À ce stade, « il n’y a pas de négociations » sur un référendum d’indépendance de la Catalogne, a indiqué jeudi (31 août) l’ancien Premier ministre de la région espagnole, Carles Puigdemont, réfutant les informations diffusées par les médias selon lesquelles sa formation séparatiste, Junts Per Catalunya (JXCat), discuterait déjà avec le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE, Socialistes et Démocrates européens) en vue d’un nouveau mandat de Pedro Sánchez, actuellement Premier ministre par intérim.
Les élections générales espagnoles du 23 juillet n’ayant pas permis de dégager de majorité claire, les sept députés de Junts Per Catalunya détiennent désormais la clé d’un nouvel exécutif progressiste composé du Parti socialiste et de la nouvelle plateforme de gauche Sumar.
Toutefois, le parti indépendantiste de centre droit JXCat et son rival politique, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), ont conditionné leur soutien à Pedro Sánchez, notamment en demandant un référendum sur l’indépendance de la Catalogne.
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« Dialogue » et « négociation », des concepts différents
Dans un message publié sur le réseau social X (ex-Twitter), M. Puigdemont, chef de file de JXCat, a souligné qu’aucun membre de sa formation politique ne menait actuellement de « négociations » formelles avec quelque parti que ce soit, contrairement à ce que suggèrent plusieurs médias espagnols.
Il a également tenu à clarifier deux concepts, celui de « dialogue » et celui de « négociation ».
« Pendant trop longtemps, a souligné M. Puigdemont, on a utilisé le concept de ‘dialogue’ comme synonyme de ‘négociation’, alors qu’il s’agit de deux concepts très différents. Le dialogue précède toute négociation », a-t-il déclaré.
Le ministre de la présidence par intérim, Félix Bolaños (PSOE), a réagi aux propos de M. Puigdemont et a souligné que les discussions du gouvernement pour avancer l’investiture de Pedro Sánchez étaient « discrètes », et a insisté sur le fait que c’est une fois que les accords seront conclus qu’ils seront « rendus publics », jamais avant.
La ministre des Finances par intérim, María Jesús Montero, a souligné jeudi que le PSOE travaille à la formation d’un gouvernement progressiste qui aspire à « une Espagne des droits et des libertés, diverse, plurielle et respectueuse des différentes identités ».
Mme Montero a répété que le débat d’investiture du vainqueur des élections, Alberto Núñez Feijóo, leader du Parti populaire de centre droit (PP, Partipopulaire européen), la principale force d’opposition, prévu pour le 26 septembre, « est voué à l’échec ».
« C’est une perte de temps et une stratégie du PP pour retarder la crise interne que M. Núñez Feijóo, devra vivre au sein de son parti, qu’il le veuille ou non », a-t-elle déclaré.
Une réunion à Bruxelles pour définir « l’agenda catalan »
Carles Puigdemont, qui est réfugié à Waterloo, près de Bruxelles, depuis l’échec du référendum illégal sur l’indépendance de la Catalogne en 2017, a annoncé qu’il tiendrait mardi prochain (5 septembre) une réunion à Bruxelles pour définir le cadre fixé par JXCat en vue d’ouvrir des négociations formelles avec le PSOE.
Le conseil exécutif de JXCat a confirmé jeudi, lors d’une réunion tenue à Tarragone, dans le nord-est de l’Espagne, que M. Puigdemont fixera personnellement les termes de la négociation.
« Le dialogue est préalable à toute négociation, il peut servir à fixer le cadre dans lequel elle peut avoir lieu, ou bien il peut servir à vérifier qu’il n’y a pas de place pour la négociation. Nous le verrons dans les prochains jours », a prévenu jeudi le dirigeant séparatiste catalan.
Selon lui, la position de JXCat « au centre de l’échiquier politique [espagnol] » implique « une responsabilité » envers les 7 millions de citoyens catalans et l’électorat, et c’est pourquoi « la forme est aussi importante que le fond ».
« Comme nous avons décidé de ne pas nous exprimer par le biais d’intermédiaires ou de médias, il est inévitable que d’autres le fassent à notre place et créent des fictions », a-t-il ajouté.
Des « contacts normaux » avec d’autres partis
Carles Puigdemont a expliqué que les contacts que JXCat entretient avec d’autres partis « sont des conversations que le parti a déjà eues » au cours de la dernière législature, durant laquelle le parti « a vécu sans la possibilité de participer à des négociations sur décision des acteurs politiques qui demandent maintenant à parler », et il a donc demandé de ne pas comparer ces conversations à une négociation politique formelle.
Il a également mentionné la réforme qu’il envisage de mener à bien au sein du Conseil de la République catalane, un organe institutionnel parallèle qu’il dirige personnellement depuis la Belgique, et l’a dissocié « des éventuelles négociations qui pourraient être entreprises » par Junts Per Catalunya à Barcelone ou à Madrid avec le PSOE.
Parallèlement, dans un entretien diffusé par la chaîne de télévision privée Telecinco, la porte-parole du gouvernement par intérim, Isabel Rodríguez (PSOE), a réaffirmé qu’un référendum sur l’indépendance de la Catalogne n’a jamais été sur la table de l’exécutif.
Le gouvernement ne négocie que « dans le cadre de la Constitution espagnole », a-t-elle souligné.