Incertitudes autour des résultats de l’élection présidentielle en Transnistrie

Les résultats du scrutin présidentiel dans cette région sécessionniste de Moldavie, contestés par des électeurs et candidats, ne seront finalement connus que mercredi.

EURACTIV.fr

Les résultats du scrutin présidentiel dans cette région sécessionniste de Moldavie, contestés par des électeurs et candidats, ne seront finalement connus que mercredi.

Cela faisait vingt ans qu’il gagnait les élections présidentielles haut la main. Mais après quatre mandats successifs à la tête de la Transnistrie, le président sortant, Igor Smirnov, pourrait bien avoir été éliminé au premier tour de l’élection présidentielle, dimanche 11 décembre.

Avantage ukrainien 

Il faudra toutefois attendre mercredi 14 décembre pour en être sûr. L’annonce des résultats définitifs a été reportée en raison de nombreuses plaintes d’électeurs et de candidats, a indiqué lundi 12 décembre, la commission centrale électorale.

Les premières estimations rapportées par le Courrier des Balkans, dans la matinée, donnaient pour favori l’homme d’affaire Evgueni Chevtchouk, crédité de 39% des suffrages. Ses origines ukrainiennes auraient pu jouer en sa faveur, les Ukrainiens formant la seconde communauté nationale de Transnistrie.  

Moscou incontournable

Evgueni Chevtchouk arriverait ainsi loin devant le candidat soutenu par le Kremlin, Anatol Kaminski, et actuel président du Parlement (27%). Les deux hommes sont membres du parti d’opposition « Renouveau » mais se distingueraient par leur attachement à Moscou, un partenaire économique incoutournable. 

Selon une autre estimation, toutefois, Igor Smirnov obtiendrait un peu plus de 47% des voix.

Pourparlers 

République autoproclamée depuis 1991 coincée entre Moldavie et Ukraine, la Transnistrie est un héritage direct de la période de troubles qui a suivi l’effondrement de l’URSS. Tiraspol souhaitait en effet rester sous l’influence de Moscou.

Mais encore aujourd’hui, le pays n’est reconnu par aucune autre puissance. Il est toutefois soutenu en sous-main par la Russie, dont il dépend sur les plans financier, énergétique et militaire (présence de soldats russes). 

De son côté, la Moldavie revendique toujours sa province perdue. Les pourparlers qui rassemblent les deux parties ainsi que la Russie, l’UE, l’Organisation de Coopération et Développement en Europe et les USA ont repris le 30 novembre dernier, après cinq ans de suspension.