Implosion de la droite française, le président des Républicains soutient le RN
Le président des Républicains (LR), Éric Ciotti, a annoncé mardi (11 juin) tendre la main au Rassemblement national (RN), dans le cadre d’une alliance pour les élections législatives, alors que la plupart des cadres du parti gaulliste demandent sa démission.
Le président des Républicains (LR), Éric Ciotti, a annoncé mardi (11 juin) tendre la main au Rassemblement national (RN) d’extrême droite, dans le cadre d’une alliance pour les élections législatives, alors que la plupart des cadres du parti gaulliste demandent sa démission.
Coup de tonnerre. Le président des Républicains (LR, Parti populaire européen/PPE), Éric Ciotti, a annoncé mardi sur TFI qu’il acceptait la main tendue par Jordan Bardella, Marine Le Pen et le Rassemblement national (RN, Identité et Démocratie/ID), afin de former une alliance en vue des législatives anticipés des 30 juin et 7 juillet.
« J’ai pris mes responsabilités dans un moment très lourd et grave […]. Le pays attend des actes de droite. Nous avons besoin d’une alliance », a-t-il déclaré.
« En répondant à cet appel au rassemblement, Éric Ciotti choisit l’intérêt des Français avant celui de nos partis », s’est dans la foulée félicité Jordan Bardella sur X.
Après la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, dimanche 9 juin, à la suite de l’écrasante victoire du Rassemblement national (31,5 %) aux élections européennes, Marine Le Pen a aussitôt proposé à ses adversaires de se rallier à elle, afin de constituer une majorité au Parlement.
« Pour sauver la droite »
Alors qu’une vague d’extrême droite pourrait déferler sur l’Assemblée nationale, Éric Ciotti justifie son ralliement afin de « maintenir un groupe puissant à l’Assemblée nationale ». 61 députés LR siègent actuellement dans l’hémicycle, mais le mauvais score réalisé par François-Xavier Bellamy aux élections européennes (7,2% des suffrages) est encore venu confirmer l’érosion du parti.
Selon les tractations entre Éric Ciotti et l’état-major du RN, le parti à la flamme ne présenterait pas de candidats en opposition aux candidats LR pour sauver le groupe républicain à l’Assemblée. En échange, les deux partis se mettrait d’accord sur une sorte de programme commun, une « charte », selon Marine Le Pen.
La dislocation des Républicains
Après les propos d’Éric Ciotti, les condamnations n’ont pas tardé à tomber au sein des Républicains. Gérard Larcher, le président du Sénat et deuxième homme de l’État, estime sur X que ce dernier « ne peut plus présider [notre] mouvement et doit se remettre de son mandat de président ».
Même son de cloche chez Olivier Marleix, le président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, qui explique que « Eric Ciotti n’engage que lui », et lui demande de « quitter la présidence des LR ».
Le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, a de son côté annoncé mardi sa candidature aux législatives en Haute-Loire, où le RN était arrivé largement en tête dimanche. Il a dénoncé la « trahison » de son ancien allié et la nécessité de créer « un pôle de stabilité ».
Dans un communiqué collectif, les sénateurs républicains ont affirmé garder « leur indépendance » vis-à-vis de Renaissance comme du RN. Prompte à la réaction, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire avait appelé « à faire une place dans [la] majorité à tous les élus et militants LR qui refusent la collaboration ».
C’est donc d’un parti en ruine qu’Éric Ciotti est pour l’heure toujours président, même si ce dernier explique que « ce qui compte, ce sont les militants ». Reste à voir quel bulletin ces derniers glisseront dans les urnes.
[Édité par Anna Martino]