Il ne serait pas « sage » que l’Ukraine attaque la Russie avec des armes fournies par l’Occident, selon Olaf Scholz
Il ne serait pas prudent de la part de l’Ukraine d’attaquer le territoire russe avec des armes fournies par l’Occident si elle parvient à repousser les forces russes, a déclaré jeudi le chancelier allemand Olaf Scholz.
Il ne serait pas prudent de la part de l’Ukraine d’attaquer le territoire russe avec des armes fournies par l’Occident si elle parvient à repousser les forces russes, a déclaré jeudi le chancelier allemand Olaf Scholz. De nombreux Allemands craignent en effet que ce scénario ne se réalise.
Alors que l’aide militaire de l’Occident à l’Ukraine a depuis longtemps dépassé la barre des 50 milliards d’euros, certains s’interrogent désormais sur ce qui pourrait se passer en cas de victoire de l’Ukraine.
« Il ne serait pas très sage que les armes que nous fournissons soient maintenant utilisées, par exemple, pour lancer des attaques sur le territoire russe », a déclaré M. Scholz dans un entretien accordé jeudi soir (23 février) à la chaîne publique ZDF. Ces propos venaient ainsi à répondre à la crainte que les chars allemands ne se dirigent une nouvelle fois vers Moscou.
« En vertu du droit international, il est absolument clair que tout ce que nous faisons est autorisé », a-t-il ajouté.
Une position proche de celle exprimée par le président français, Emmanuel Macron, dans un entretien accordé à la presse française (Le Figaro, le JDD, France inter) : M. Macron souhaite « la défaite de la Russie en Ukraine », mais ne partage pas la position de ceux qui pensent « qu’il fait défaire la Russie totalement, l’attaquer sur son sol. Ces observateurs veulent avant tout écraser la Russie. Cela n’a jamais été la position de la France et cela ne le sera jamais ».
Pourtant, en Allemagne, un certain nombre de personnes craignent que les forces ukrainiennes ne lancent une attaque contre Moscou si elles parviennent à repousser les envahisseurs russes. Selon les signataires du « manifeste pour la paix », cela pourrait conduire au plus tard à des « mesures de rétorsion nucléaires ».
Lancer une attaque contre la Russie « est une chose dont nous avons discuté et sur laquelle nous avons convenu que cela ne devait pas se produire », a affirmé M. Scholz.
En mai 2022, le président américain Joe Biden a publié une tribune intitulée « Ce que l’Amérique fera et ne fera pas en Ukraine » dans le New York Times. Il y déclarait que les États-Unis « n’encouragent ni ne permettent à l’Ukraine de lancer des attaques au-delà de ses frontières. »
M. Scholz estime que cette approche reste un principe directeur du soutien à l’Ukraine. « Nous agissons tous en conséquence », a-t-il déclaré.