Il faut plus de mesures pour rendre l’agriculture biologique compétitive, selon les parties prenantes

Alors que l’on craint que l’UE n’atteigne pas son objectif de 25 % d’agriculture biologique d’ici 2030, les parties prenantes appellent à un cadre politique plus favorable pour stimuler la demande de produits biologiques.

EURACTIV.com
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Selon un rapport de McKinsey publié le 10 avril, le secteur européen de la distribution alimentaire montre les premiers signes de reprise après des années de restriction des dépenses. [SHUTTERSTOCK/monticello]

Alors que l’on craint que l’UE n’atteigne pas son objectif de 25 % d’agriculture biologique d’ici 2030, les parties prenantes appellent à un cadre politique plus favorable pour stimuler la demande de produits biologiques.

Pour les acteurs de l’industrie biologique, la Commission européenne devrait prendre davantage de mesures pour stimuler l’achat de produits biologiques, car une demande insuffisante pourrait empêcher l’UE d’atteindre son objectif de consacrer 25 % des terres agricoles à l’agriculture biologique d’ici 2030.

« La demande de produits biologiques ne tombe pas du ciel », a admis Henri Delanghe, de la direction générale de l’agriculture de la Commission (DG AGRI), lors d’un débat organisé par Euractiv jeudi (18 avril), exhortant les États membres à prendre des mesures pour encourager la consommation de ces produits.

Malgré l’augmentation de la superficie consacrée à l’agriculture biologique dans l’UE, le rapport annuel de l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL), publié en février, a prévenu que ce marché « devrait croître à un rythme plus rapide » afin d’atteindre ses objectifs.

Le rapport indique qu’après des années de croissance à deux chiffres, en effet, le marché biologique s’est contracté en 2022 en raison de l’inflation qui a fait grimper le prix des produits biologiques.

Jan Plagge, président de l’IFOAM, la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique, a exprimé que l’UE doit encore garantir que « le choix du bio n’est pas une question de richesse ou de luxe » pour les consommateurs.

M. Delanghe a reconnu la nécessité de continuer à stimuler la demande de produits biologiques, mais il a également souligné qu’il « ne fallait pas exagérer » les inquiétudes à ce sujet.

« La tendance générale reste positive », a-t-il ajouté.

Selon un rapport de McKinsey publié le 10 avril, le secteur européen de la distribution alimentaire montre les premiers signes de reprise après des années de restriction des dépenses, et les ménages à revenu élevé ont annoncé leur intention d’acheter davantage de produits biologiques en 2024.

Mesures proposées

Au cours du débat, les parties prenantes ont proposé différentes mesures pour renforcer la demande au niveau de l’UE.

« Nous avons besoin d’un système fiscal qui incite les exploitants à effectuer la transition et les consommateurs à acheter le produit », propose Peter Schmidt, président de la section « Agriculture et nature » du Comité économique et social européen (CESE).

Martin Dermine, directeur exécutif du Réseau européen d’action sur les pesticides (PAN Europe), a expliqué que l’impact environnemental des différents produits devrait être reflété sur leur prix final, ce qui rendrait les produits biologiques moins chers que ceux issus de l’agriculture conventionnelle.

De leur côté, les associations d’agriculteurs de l’UE COPA et COGECA estiment que des initiatives devraient être prises pour accroître l’innovation dans le secteur.

« Ce dont nous avons besoin, c’est de rendre l’agriculture biologique plus durable », a affirmé Lone Andersen, présidente du groupe de travail sur l’agriculture biologique au COPA et à la COGECA, soulignant que les agriculteurs biologiques ont moins de restrictions sur l’utilisation de substances synthétiques qui peuvent contribuer à la réduction des émissions.

[Édité par Anna Martino]