IA de WhatsApp : les autorités italiennes enquêtent sur Meta
L’Autorité italienne de la concurrence (AGCM) a ouvert une enquête sur Meta au sujet d’un outil d’intelligence artificielle (IA) intégré à la messagerie WhatsApp.
L’Italie a annoncé mercredi 30 juillet avoir ouvert une enquête à l’encontre de Meta (également propriétaire de Facebook, Instagram) pour violation potentielle du droit européen de la concurrence en raison de l’installation de son outil d’intelligence artificielle, MetaAI, sur la messagerie WhatsApp sans demander au préalable le consentement des utilisateurs.
La veille, les autorités ont perquisitionné la filiale italienne de Meta avec des spécialistes antitrust de la police financière italienne, a indiqué l’AGCM dans un communiqué.
Selon l’autorité italienne de la concurrence, en intégrant MetaAI direcement à WhatsApp, Meta pourrait « orienter sa clientèle vers le marché émergent, non pas par le biais d’une concurrence fondée sur le mérite, mais en imposant aux utilisateurs la disponibilité de deux services distincts, ce qui pourrait nuire à ses concurrents ».
Un porte-parole de la Commission européenne a déclaré que la direction général de la compétition coopérait étroitement avec les autorités italiennes de la concurrence dans le cadre de cette enquête.
Interrogé par Euractiv, Meta a transmis un communiqué de presse indiquant que la société « coopérait pleinement avec l’Autorité italienne de la concurrence ».
« Offrir un accès gratuit à nos fonctionnalités d’IA dans WhatsApp donne à des millions d’Italiens la possibilité d’utiliser l’IA dans un environnement qu’ils connaissent déjà », peut-on également lire.
Meta a insiste sur le fait que l’outil d’IA est entièrement facultatif. Cependant, les autorités italiennes de la concurrence ont déclaré que depuis mars 2025, MetaAI est préinstallé « sans demande préalable des utilisateurs ».
MetaAI avait déjà fait l’objet d’une enquête dans plusieurs pays européens.
Le géant des réseaux sociaux avait retardé le lancement de son outil d’IA après que l’autorité irlandaise de protection des données avait soulevé des questions concernant l’utilisation des données.
L’autorité de protection des données de Hambourg, en Allemagne, a également ouvert une enquête sur l’utilisation des données des utilisateurs par Meta, mais a classé l’affaire en mai.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]