Huit États membres réclament des mesures plus strictes en matière d’immigration

Huit États membres de l’UE ont exigé une réforme radicale du système d’asile de l’Union et des mesures plus strictes à l’égard de la « migration irrégulière », avant le sommet de cette semaine à Bruxelles, qui sera largement consacré à la migration.

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Pope Francis in Greece
Le contrôle de la migration est revenu en tête des priorités de l’UE après un pic de migration clandestine en 2022. [[EPA-EFE/ALESSANDRO DI MEO]]

Huit États membres de l’Union européenne ont exigé une réforme radicale du système d’asile de l’Union et des mesures plus strictes à l’égard de la « migration irrégulière », avant le sommet de cette semaine à Bruxelles, qui sera largement consacré à la migration.

Ces demandes sont formulées par les gouvernements du Danemark, de la Lituanie, de la Lettonie, de l’Estonie, de la Slovaquie, de la Grèce, de Malte et de l’Autriche dans une lettre adressée aux présidents de la Commission européenne et du Conseil européen, Ursula Von der Leyen et Charles Michel.

Des points similaires ont été abordés par Mme Von der Leyen dans une lettre envoyée aux États membres le 26 janvier dernier, où elle mettait l’accent sur la lutte contre les trafiquants de migrants par le biais d’une augmentation des retours, d’accords avec des pays tiers et de l’accélération des négociations sur le Pacte européen sur la migration et l’asile.

La lettre des huit États membres, consultée par EURACTIV, indique qu’il est temps de « créer un cadre européen harmonisé en matière d’asile pour gérer toutes les routes migratoires pertinentes ».

Elle appelle également à un contrôle plus strict et plus « efficace des frontières », ainsi qu’à une politique plus ferme en matière de rapatriements et d’accords avec les pays tiers.

Le manque actuel de retours est un « facteur d’attraction » pour la migration irrégulière, ont également averti les signataires.

La migration figure à nouveau en bonne place dans l’agenda de l’UE suite à une forte augmentation du nombre de migrants irréguliers traversant les frontières du bloc.

Comme l’a précédemment rapporté EURACTIV, selon les dernières données de l’agence des frontières et des garde-côtes de l’UE, Frontex, environ 330 000 passages irréguliers ont été signalés à la frontière extérieure de l’UE en 2022, « soit une augmentation de 64 % par rapport à l’année précédente ».

Le débat sur le financement de la construction de clôtures aux frontières avec des fonds européens a refait surface et sera probablement un point de controverse lors du sommet de cette semaine, d’autant plus que la Commission a déjà fait part de son opposition à une telle mesure.

Dans le même temps, certains pays de l’UE, tels que l’Autriche et les Pays-Bas, ainsi que les groupes conservateurs du Parlement européen, se prononcent résolument en faveur de la construction d’une clôture.

« Nous voulons aider la Bulgarie à protéger la frontière de manière encore plus efficace. La Bulgarie ne peut pas gérer seule davantage de contrôles », a déclaré le chancelier autrichien Karl Nehammer lors d’une visite d’État en Bulgarie en janvier. Selon lui, la Bulgarie devrait recevoir une aide d’au moins 2 milliards d’euros pour construire — entre autres — une clôture à sa frontière avec la Turquie.

Fin janvier, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a prévenu que l’espace Schengen, une zone de libre circulation dans laquelle le passeport n’est pas nécessaire, « ne survivra pas » si l’UE ne revient pas aux règles de Dublin, qui déterminent quel pays de l’UE a la responsabilité de statuer sur une demande d’asile en fonction d’un certain nombre de critères.

La commissaire européenne aux affaires intérieures, Ylva Johansson, a déclaré qu’elle souhaitait trouver une solution « pragmatique » sur les clôtures aux frontières, ce que M. Nehammer a qualifié la semaine dernière d’« un pas dans la bonne direction ».

Le président du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber, a indiqué mardi (7 février) sur Twitter que « les clôtures, dans des cas exceptionnels, ne sont pas taboues pour nous. Nous devons rétablir l’ordre aux frontières extérieures de l’Europe. Comme on l’a vu en Espagne, en Grèce et en Bulgarie, des mesures techniques et répressives peuvent être nécessaires ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]