Herman Van Rompuy désapprouve l'élection directe du président de la Commission
La nomination de candidats à la présidence de la Commission lors de la campagne électorale européenne n'est pas la meilleure solution pour rétablir la crédibilité de l’UE, selon le président du Conseil européen.
La nomination de candidats à la présidence de la Commission lors de la campagne électorale européenne n'est pas la meilleure solution pour rétablir la crédibilité de l’UE, selon le président du Conseil européen.
Alors que les partis européens sont à la recherche de figures de proue pour leur campagne, Herman Van Rompuy estime que cette procédure ne suffira pas à résoudre le déficit démocratique dont souffre l'Europe.
« Vous ne devez pas chercher de solutions quand il n'y a pas de problème. Rechercher des « visages » pour guider l'UE n'est pas une solution », a indiqué le président du Conseil lors d’un débat sur l'avenir de l'Union européenne le 10 octobre à Bruxelles.
L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, l'ex-président de la Commission Jacques Delors et l’ancien premier ministre espagnol Felipe González ont également participé à l'évènement.
« Nos problèmes ne sont pas institutionnels. Nous pouvons réaliser de nombreuses choses [dans le cadre] des traités existants », a précisé l'ancien premier ministre belge.
Le traité de Lisbonne, entré en vigueur en 2009, stipule que le choix du prochain président de la Commission européenne « prendra en compte les résultats des élections européennes ».
Plusieurs partis européens sont en train de désigner leurs candidats à la présidence de l’exécutif européen. Cette personnification des politiques européennes vise à relancer l'intérêt pour les prochaines élections en mai 2014, les premières depuis le traité de Lisbonne.
Un deuxième objectif serait de s'attaquer à un problème électoral : le taux de participation ne cesse de diminuer depuis les premières élections directes du Parlement européen en 1979. Un sondage récent indique que 55 % des Européens seraient plus enclins à voter s’ils pouvaient influencer le choix du prochain président de la Commission.
En 2012, Herman Van Rompuy avait déjà rejeté cette initiative. Il avait alors estimé que cette politisation des élections européennes provoquerait une « déception à l'avance ». Il avait indiqué que tous ces efforts étaient voués à l'échec, sauf si la Commission recevait plus de pouvoirs vis-à-vis des États membres : « Si cela ne va pas de pair avec des pouvoirs élargis pour la Commission, alors oubliez [cette idée]. »
L’euroscepticisme s'invite aux élections
Lors de la conférence, le président du Conseil européen a mis en garde contre la montée des votes eurosceptiques au cours des élections de mai 2014.
« Une grande majorité du Parlement fera toujours avancer l'Europe. Mais elle rencontrera beaucoup plus de difficultés qu'auparavant », a précisé Herman Van Rompuy.
Il a ajouté que les dirigeants proeuropéens devraient prendre des risques : « Nous ne défendons plus les résultats de l'Union européenne. Si les candidats [à des sièges au Parlement] sont vraiment ceux qui veulent se battre pour l'Union européenne, alors cela fonctionnera. J'ai peur du résultat si ce n'est pas le cas », a-t-il poursuivi.
Des analystes ont débattu des conséquences éventuelles d'une montée de l'euroscepticisme dans la constitution du prochain Parlement. « Nous avons également constaté l'apparition de pressions eurosceptiques lors des dernières campagnes électorales européennes et elles n'ont jamais répondu aux attentes », a indiqué Isabell Hoffmann de la fondation Bertelsmann lors d’un entretien avec EURACTIV.
« Le Parlement européen sera en mesure de poursuivre ses travaux avec plus d'eurodéputés eurosceptiques », a déclaré Janis Emanouilidis du Centre de politiques européennes (CPE). Les eurosceptiques « ne constitueront probablement pas un groupe cohérent au Parlement ».
Les thèmes antieuropéens devraient faire partie des campagnes électorales à venir alors que la confiance dans l'Union européenne est plus basse que jamais, selon un Eurobaromètre de juillet.