Hauts postes de l’UE : la « chasse aux femmes » continue [FR]

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a appelé cette semaine les dirigeants de l’UE à nommer plus de femmes dans son prochain exécutif de l’UE, alors que l’une des principales candidates aux nouveaux hauts postes prévus par le traité de Lisbonne, Mary Robinson, a déclaré qu’elle n’était pas disponible.

Mary_Robinson.jpg
Mary_Robinson.jpg

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a appelé cette semaine les dirigeants de l’UE à nommer plus de femmes dans son prochain exécutif de l’UE, alors que l’une des principales candidates aux nouveaux hauts postes prévus par le traité de Lisbonne, Mary Robinson, a déclaré qu’elle n’était pas disponible.

Dans une lettre adressée aux dirigeants de l’UE, M. Barroso – qui avait demandé en 2007 aux nouveaux entrants bulgare et roumain de proposer des femmes commissaires – a mis l’accent sur l’importance de l’égalité des sexes dans son nouveau collège de commissaires.

Pour me permettre de proposer une équipe équilibrée, je vous encourage à considérer l’égalité des sexes comme un objectif commun et une responsabilité partagée, a-t-il annoncé, demandant aux chefs d’Etat et de gouvernement de « porter une attention particulière à la présence des femmes dans le collège tandis que nous continuons à conclure nos discussions ».

Myria Vassiliadou, secrétaire générale du « European Women’s lobby » (lobby des femmes européennes), a confié à EURACTIV que même si elle était ravie que M. Barroso ait pris cette initiative, il aurait pu se montrer plus engagé.

Si M. Barroso avait demandé à chaque Etat membre de nommer un homme et une femme, l’impact aurait été plus important, a-t-elle dit, ajoutant qu’une simple recommandation n’allait pas nécessairement aider : cela peut faire naître plus de bonne volonté, mais je ne pense pas que ce soit suffisant.

La manière de soulever ces questions est très importante, a déclaré Mme Vassiliadou, concluant que si le nombre de femmes commissaires n’était pas plus important que la dernière fois, aucun progrès n’aura été fait.

Merci mais non merci, a dit Mme Robinson 

Pendant ce temps, la campagne dans les cercles européens pour voir une femme prendre l’un des deux nouveaux postes de pouvoir que créera le traité de Lisbonne – le président permanent du Conseil de l’UE et le Haut représentant pour la politique étrangère – s’est trouvée compromise lorsque l’une des candidates les plus en vue, l’ancienne présidente de l’Irlande Mary Robinson, a confié à EURACTIV qu’elle n’était pas dans la course.

Ces dernières semaines, le nom de Mme Robinson a été exploité de façon répétitive par les médias, en tant que potentielle présidente de l’UE (EURACTIV 14/10/09), et sa probable candidature a rapidement bénéficié du soutien de la société civile, avec notamment un groupe Facebook soutenant sa candidature, rejoint par plus de 6 000 membres. 

Mme Robinson a déclaré à EURACTIV qu’être citée comme potentielle future présidente de l’UE était gratifiant – particulièrement lorsque la campagne semble être menée par la société civile et ceux impliqués dans les questions qu’elle désire ardemment promouvoir et faire progresser. 

Elle a poursuivi en remarquant que ces derniers temps, elle avait été de plus en plus concentrée sur le défi du changement climatique et son grave impact sur les pays en développement, par exemple sur la question de la justice climatique. C’est un sujet d’extrême urgence, astreignant, et qui prend beaucoup de temps.  

De ce fait, avec cette priorité, elle considère ne pas pouvoir s’engager à accepter le défi de la présidence de l’UE, a-t-elle conclut, avant d’ajouter qu’elle aspirait également à ce qu’une femme présente sa candidature, et réussisse, pour l’un (ou plus !) des postes les plus importantes de l’UE, mais cette personne ne sera pas elle.

Réagissant à ces nouvelles, Myria Vassiliadou a déclaré que les hauts postes étaient une source d’inquiétude.

Bien que le « European Women’s Lobby » espère qu’au moins l’un des eux « top jobs » du traité de Lisbonne sera attribué à une femme, nous n’avons, pour le moment, entendu aucun nom à part celui de Mme Robinson, a-t-elle dit, admettant qu’un tel résultat serait décevant. Je ne vois pas comment ces postes pourraient être atribués à des femmes, a-t-elle ajouté.

Il semble probable, cependant, qu’au moins une femme irlandaise sera présente dans un poste de premier plan de l’UE. Des sources irlandaises ont confié à EURACTIV que les spéculations allaient bon train lors de la session plénière du PE à Strasbourg de cette semaine : la future commissaire irlandaise pourrait être Maire Geoghegan-Quinn, ancienne ministre qui siège actuellement à la Cour des comptes européenne.