Hausse des prix du pétrole : l'Eurogroupe incapable d'élaborer une stratégie commune
Les ministres des finances de la zone euro ne sont pas parvenus à définir une stratégie commune pour faire face à la hausse actuelle des prix du pétrole. La démarche unilatérale adoptée par la France a été l'objet de vives critiques émanant de ses partenaires.
Les ministres des finances de la zone euro ne sont pas
parvenus à définir une stratégie commune pour
faire face à la hausse actuelle des prix du
pétrole. La démarche unilatérale adoptée
par la France a été l’objet de vives critiques
émanant de ses partenaires.
Les ministres de l’Eurogroupe n’ont pas
réussi à s’entendre sur l’adoption de
mesures conjointes visant à atténuer les effets
de la hausse des cours du pétrole. Le ministre des
finances français, Nicolas Sarkozy, a opté pour
la voie de l’action unilatérale en
annonçant une restitution des suppléments de
recettes fiscales engendrés par la hausse du prix du
pétrole aux secteurs les plus fragilisés par la
situation actuelle, notamment le transport routier.
Avant la réunion de l’Eurogroupe, M. Sarkozy
avait exhorté ses collègues à
s’emparer de toute urgence du problème,
suggérant la mise en oeuvre de diverses mesures
visant notamment à réduire la consommation
d’énergie et à atténuer la
dépendance de l’UE en matière
d’approvisionnement en pétrole. Dans une lettre
adressée aux ministres de l’Eurogroupe, Nicolas
Sarkozy recommandait que soient rendus publics les
chiffres concernant les stocks pétroliers
européens, ce qui aurait selon lui pour effet
d’améliorer la transparence du marché et de
réduire les risques de spéculation.
Le ministre français appelait également
l’Eurogroupe à demander à la Commission de
préparer des mesures susceptibles de compenser les
effets négatifs de la hausse des prix du
pétrole pour certains secteurs, et de limiter les
conséquences économiques de la situation
actuelle.
Les ministres des finances de la zone euro se sont
montrés divisés quant aux moyens de
répondre à l’augmentation des cours du
pétrole. La plupart ont critiqué les
initiatives françaises, adoptées de façon
unilatérale et sans attendre l’élaboration
d’une réponse européenne commune. Le
ministre néerlandais des finances, Gerrit Zalm, a
rappelé qu’en juin, le Conseil avait convenu que
les Etats membres devaient chercher à élaborer
une position commune avant de prendre des initiatives
solitaires.
« Il relève bien sûr de l’autonomie
de chaque Etat de pouvoir aider certains groupes, mais
aucun accord n’a été trouvé quant aux
limites à apporter aux instruments utilisés
pour aider ces groupes », a
notamment affirmé M. Zalm dans une
déclaration recueillie par l’AFP.
Le Commissaire aux affaires économiques et
monétaires, Joaquin Almunia, a annoncé
qu’il présenterait, lors du Conseil EcoFin du 16
novembre 2004, une étude sur les options
s’offrant à l’UE pour faire face à
l’augmentation actuelle des prix du pétrole.
Par ailleurs, la Commission a décidé, le 20
octobre, de retirer sa proposition de réforme du
système européen de gestion des stocks de
pétrole après que celle-ci eut été
bloquée au Parlement et au Conseil (voir
EURACTIV 25 septembre 2003
). La Commission a cependant clairement indiqué
qu’elle envisageait de préparer une nouvelle
proposition.
« Je demeure convaincue du fait que nous avons
besoin de cet outil, qui devrait notamment permettre
l’amélioration du système de gestion des
stocks de pétrole actuellement en place au niveau
européen », a ainsi déclaré la
Commissaire à l’énergie, Loyola de
Palacio.