Hashim Thaçi remporte les élections au Kosovo

Le 12 décembre, le premier ministre, Hashim Thaçi, a remporté la victoire lors des premières élections générales au Kosovo depuis l’indépendance du pays, après que le sondage des électeurs a donné son parti gagnant.

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Le 12 décembre, le premier ministre, Hashim Thaçi, a remporté la victoire lors des premières élections générales au Kosovo depuis l’indépendance du pays, après que le sondage des électeurs a donné son parti gagnant.

Un peu avant minuit, la cravate dénouée et en bras de chemise, M. Thaçi a déclaré à ses supporteurs « la victoire est à nous ». « Ces élections furent un référendum sur l'avenir européen du Kosovo. »

L’agence de sondage Gani Bobi a expliqué qu’une étude sur plus de 2000 électeurs sortant des bureaux de vote avait donné 31% de voix au PDK et 25% au LDK, le principal partenaire de coalition du PDK dans le gouvernement sortant.

Le PDK, ou Parti démocratique du Kosovo, est le plus grand parti du pays. Son orientation politique est sociale démocrate. Ce parti est mené par Hashim Thaçi, le leader politique de l’ancienne KLA, l’Armée de libération du Kosovo. La LDK, ou Ligue démocratique du Kosovo, est le deuxième plus grand parti au Kosovo, et est de centre-droit.

Environ un tiers des votes ayant été comptés, les sondages donnent 34% des voix au PDK et 25% au LDK, selon un groupe d’organisations non gouvernementales qui ont suivi le décompte.

De tels résultats signifient que M. Thaçi devra encore une fois chercher le soutien des plus petits partis, alors qu’il se prépare pour d’importantes discussions avec la Serbie, laquelle ne reconnaît pas l’indépendance du Kosovo, sur les aspects pratiques de la coexistence.

Les deux partis dirigeants souhaitent l’adhésion du Kosovo à l’UE et à l’OTAN et veulent continuer à privatiser les entreprises étatiques. Cependant, ils manquent tous deux de détails concrets sur la manière de stimuler l’une des économies les plus pauvres de l’Europe.

Lors des dernières élections, tenues en 2007, le PDK avait remporté 34% des voix, et la LDK 22,6%. Le taux de participation a été de 47,8% ce dimanche, selon la commission électorale, légèrement en hausse par rapport à 2007.

Autodétermination

La grande surprise de ces élections a été la force du Mouvement pour l’autodétermination, qui se présentait pour la première fois aux élections sur la base d’un mandat visant à unir les Kosovars à leur ethnie au sein de l’Albanie. Les résultats du scrutin l’ont placé à la troisième place avec 16% des voix.

Ce mouvement cherche également à réduire le contrôle international exercé sur le Kosovo, qui est toujours sous protectorat international, et à arrêter le processus de privatisation.

La LDK a déclaré qu’elle ne souhaitait pas renouveler la coalition avec le parti de M. Thaçi, ce qui laisse plus de place au Mouvement pour l’autodétermination ou d’autres plus petits partis.

L’Union européenne et les Etats-Unis ont perçu ces élections anticipées comme un test sur la maturité démocratique du Kosovo – un vote libre et juste, une condition pour une éventuelle adhésion à l’UE.

Valdete Daka, présidente de la commission électorale centrale, a déclaré que le processus de vote était un succès.

Toutefois, les Serbes ethniques vivant dans la ville divisée de Mitrovica ont boycotté les élections, montrant ainsi que la tension persistait encore suite à la sécession du Kosovo.  

« Ces élections ont été organisées par un état qui n’existe pas à mes yeux et c’est la raison pour laquelle je n’ai pas voté », a déclaré Dragan Vukosavljevic, un Serbe vivant à Mitrovica. La partie nord de la ville – comme l’ensemble de la partie Nord du Kosovo – est en dehors du contrôle de Pristina.

Cependant, dans le village à majorité serbe de Gra?anica, proche de Pristina, les électeurs se sont rendus aux urnes en nombre afin de voter pour l’un des neuf partis serbes qui se présentaient.

Un certain nombre d’Albanais interrogés à la sortie des bureaux de votes ont déclaré espérer un changement. Depuis l’indépendance en 2008, les Albanais se sont montrés moins révérencieux envers leurs dirigeants, alors qu’ils font face à la dure réalité de devoir bâtir une nation dans une aire de crise économique mondiale.

Fatime Sheremeti, 47 ans, a confié qu’elle souhaiterait voir des dirigeants plus courageux qui tiennent parole.

Selon l’agence BETA, partenaire d’EURACTIV en Serbie, le taux de participation dans la zone peuplée par des serbes a été de 11%. Le taux de participation sur l’ensemble du Kosovo a été de 47,8%, ont indiqué les mêmes sources.

Un porte parole de la Commission a déclaré ce 9 décembre que l’UE espérait que les élections seraient libres et justes, et qu’un grand nombre de personnes voteraient, notamment dans les zones peuplées par les Serbes.

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV.)