Hamas-Israël : la droite espagnole exige une clarification du gouvernement, jugé contradictoire
La droite et l’extrême droite ont exhorté le Premier ministre Pedro Sánchez à se présenter devant le parlement et à faire toute la lumière sur la « cacophonie » politique actuelle au sein de son exécutif progressiste sur le conflit déclenché depuis l'attaque du Hamas contre Israël.
La droite et l’extrême droite ont exhorté le Premier ministre Pedro Sánchez à se présenter devant le parlement et à faire toute la lumière sur la « cacophonie » politique actuelle au sein de son exécutif progressiste sur le conflit déclenché depuis l’attaque du Hamas contre Israël.
Le mouvement Sumar de gauche radicale, allié du socialiste Pedro Sánchez (PSOE/S&D) dans le futur gouvernement du pays, a dénoncé lundi le « deux poids deux mesures » de l’UE dans le conflit israélo-palestinien.
Le porte-parole de Sumar, Ernest Urtasun, a déclaré lors d’une conférence de presse à Madrid qu’Israël est « une force d’occupation » et a déploré que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, « ne condamne jamais les crimes de guerre commis par Israël ».
Le Partido Popular (PP/Parti populaire européen, PPE), principale force d’opposition, a ainsi demandé mardi (10 octobre) à Pedro Sánchez ou au ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares de se présenter devant le Parlement pour rendre compte de la situation en Israël après les attaques terroristes du Hamas.
La porte-parole du PP au Parlement, Cuca Gamarra, a critiqué le fait que certains « membres du gouvernement ont fait des déclarations [sur Israël] qui ne sont pas appropriées pour un pays comme l’Espagne ».
Peu après l’attaque terroriste, Yolanda Díaz, leader de la plateforme progressiste Sumar et ministre du travail par intérim, a demandé sur son compte X qu’Israël respecte les résolutions de l’ONU.
« Nous avons besoin d’une paix juste, durable et viable, ce qui implique de respecter le droit international, de mettre fin à l’occupation et de permettre au peuple palestinien de vivre dans la dignité. La communauté internationale ne peut pas continuer à rester les bras croisés », a-t-elle déclaré.
Le dirigeant du PP, Alberto Núñez Feijóo, a déclaré dans un entretien diffusé par esRadio qu’il existe une « contradiction évidente » non seulement entre le PSOE et ses « partenaires parlementaires » sur le conflit, mais aussi au sein de l’exécutif lui-même, en référence à Unidas Podemos.
« Non seulement ils [Unidas Podemos] n’ont pas condamné les attaques du Hamas, mais ils ont tenté de les justifier », a souligné M. Feijóo.
M. Feijóo a déploré que l’Espagne ait été exclue de la déclaration commune signée par la France, l’Allemagne, l’Italie et les États-Unis, dans laquelle ils ont exprimé une condamnation retentissante de l’attaque du Hamas et un soutien unanime au peuple israélien.
Borja Sémper, porte-parole du PP, a vivement attaqué Sumar pour avoir « justifié » les attaques terroristes du Hamas. Il faisait référence à un tweet posté par Tesh Sidi, députée sahraoui de Sumar, dans lequel elle écrivait : « Aujourd’hui et toujours avec la Palestine ».
Les socialistes tentent de garder la face
« Il est clair qu’il y a eu un acte de terrorisme contre Israël et il est clair que personne [Sumar/Unidas Podemos] ne devrait confondre la préoccupation que l’on peut avoir pour la population et la confondre avec ce qui est une action terroriste absolument répréhensible et condamnable dans tous ses termes », a déclaré le porte-parole du PSOE au Parlement, Patxi López.
Ce n’est pas la première fois que le PSOE et ses partenaires de la coalition de gauche exposent publiquement leurs divergences. Le cas le plus célèbre s’est produit peu après l’invasion russe de l’Ukraine, lorsque le parti Unidas Podemos, aujourd’hui presque disparu, a violemment critiqué la décision de Madrid d’envoyer des chars et des armes à Kiev.
Comme en France, le conflit entre le Hamas et Israël est en train de mettre à jour des divergences majeures au sein de la gauche espagnole.