Guerre en Ukraine : l’OTAN va renforcer ses capacités de défense
Les ministres de la défense de l’OTAN, réunis à Bruxelles ce jeudi, devraient décider d’augmenter les stocks de munitions et les capacités de production de l’Alliance et de revoir leurs plans de défense alors que la guerre en Ukraine fait toujours rage.
Les ministres de la défense de l’OTAN, réunis à Bruxelles ce jeudi (15 juin), devraient décider d’augmenter les stocks de munitions et les capacités de production de l’Alliance et de revoir leurs plans de défense alors que la guerre en Ukraine fait toujours rage.
Kiev et ses alliés occidentaux discuteront des détails d’une éventuelle coalition d’avions de chasse, de la formation des pilotes ukrainiens et de l’ouverture de centres de réparation pour les équipements militaires occidentaux dans le cadre du Groupe de contact pour la défense de l’Ukraine, avant d’entamer une discussion réservée aux membres de l’OTAN.
Cette réunion intervient alors que l’Ukraine a entamé sa contre-offensive tant attendue contre les troupes russes.
Les progrès réalisés par Kiev « démontrent que le soutien apporté par les Alliés de l’OTAN fait une réelle différence sur le champ de bataille en ce moment même », a déclaré le secrétaire général de l’alliance militaire, Jens Stoltenberg, avant la réunion.
« Nous ne voyons aucun signe de la part de M. Poutine indiquant qu’il se prépare à la paix et à de véritables négociations », a averti M. Stoltenberg, ajoutant que « plus l’Ukraine gagnera de terrain, plus elle sera en position de force à la table des négociations et plus il est probable que le président [Vladimir] Poutine se rendra compte qu’il ne peut pas gagner la guerre sur le champ de bataille ».
Cependant, la guerre met à rude épreuve les stocks d’équipements militaires des membres de l’OTAN, les obligeant à modifier leurs plans de défense.
Cette réunion ministérielle est la dernière au cours de laquelle les membres peuvent donner leur avis politique au plus haut niveau avant le sommet historique des dirigeants de l’OTAN qui se tiendra le mois prochain à Vilnius, en Lituanie.
Quels équipements ?
Jens Stoltenberg a déclaré que la guerre deviendrait une « guerre logistique » et qu’il était donc nécessaire que les membres de l’OTAN puissent « maintenir et renforcer leurs efforts ».
Ils devront reconstituer leurs stocks, qui ont été largement entamés par les livraisons d’équipements militaires à l’Ukraine depuis le début de la guerre, a ajouté M. Stoltenberg.
Cette décision intervient après des années de coupes dans les dépenses en matière de défense parmi presque tous les membres de l’OTAN depuis la fin de la Guerre froide.
Ce sera la première fois qu’une telle réunion rassemblera les dirigeants de 20 des plus grandes entreprises de défense au monde.
Les discussions des ministres se concentreront sur le renforcement de la production de ce que l’OTAN appelle les munitions « tactiquement décisives », qui comprennent les obus d’artillerie de 155 mm que les forces armées ukrainiennes tirent par milliers chaque jour.
M. Stoltenberg a déclaré qu’il s’attendait à ce que les ministres se mettent d’accord vendredi sur de nouveaux objectifs en matière de stockage de munitions tactiquement décisives, conformément à l’annonce qu’il avait faite en février.
L’objectif de la réunion est de « discuter directement avec l’industrie de la meilleure façon d’augmenter la production, de sécuriser nos chaînes d’approvisionnement et de supprimer les obstacles aux opérations », a expliqué M. Stoltenberg aux journalistes, alors que l’Alliance cherche à élaborer un plan d’action pour stimuler la production.
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Engagement en matière de défense
Les ministres devraient également débattre de l’avenir de leur engagement à consacrer 2 % de leur PIB annuel à la défense.
M. Stoltenberg a proposé aux États membres de considérer l’engagement de 2 % comme un « plancher » plutôt que comme un « plafond » ou comme « un objectif à atteindre » afin d’encourager les dépenses.
Les membres de l’OTAN ne sont toutefois pas tous sur la même longueur d’onde sur cette question : les pays d’Europe de l’Est et les États-Unis sont plus ambitieux et font pression pour que tous les membres consacrent 2,5 % de leur PIB aux dépenses en matière de défense, même ceux qui ont déjà atteint l’objectif de 2 % du PIB, ont déclaré deux diplomates de l’OTAN.
D’autres pays, comme l’Allemagne, l’Italie et le Canada, estiment que l’objectif de 2 % du PIB ne reflète pas le fardeau que représente pour eux la protection de la zone transatlantique ou que ce pourcentage est tout simplement trop élevé pour leur économie.
Nouveaux plans de défense
Les ministres de la Défense de l’OTAN devraient également donner leur feu vert aux nouveaux plans de défense et de dissuasion de l’Alliance, que les dirigeants ont décidé de réorganiser l’année dernière lors du sommet de Madrid, en passant d’une politique de dissuasion à une politique de « fil de détente ».
La nouveauté réside dans le fait que les nouveaux plans incluront des solutions et des nécessités fondées sur les régions.
Les membres de l’OTAN s’engageront à mettre des effectifs et des équipements à la disposition de l’Alliance en cas de guerre. Ils pourraient être déployés rapidement, certains d’entre eux presque immédiatement.
Les engagements officiels de chaque allié de l’OTAN devraient être pris lors d’une « Conférence des engagements » la semaine prochaine, après que les ministres de la Défense les auront approuvés et avant que les chefs d’État ou de gouvernement ne le fassent le mois prochain.
Toutefois, il n’est pas encore certain que ces engagements permettront d’atteindre immédiatement l’objectif de 300 000 forces à haut niveau de préparation dont l’OTAN a besoin sous son commandement pour se protéger, ont indiqué des sources de l’Alliance.
Il reste encore du travail à accomplir, notamment en ce qui concerne le pourcentage de financement conjoint consacré à l’OTAN.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]