Guerre en Ukraine : les frappes russes massives prouvent qu’une trêve n’est pas possible, selon Kiev

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a déclaré que l’attaque de missiles russe de vendredi (29 décembre), l’une des plus importantes depuis le début de la guerre, prouve qu’une trêve avec Moscou ne peut être envisagée.

EURACTIV France avec Reuters
epa10030229 People walk near the remains of hotel Ukraine, destroyed in a Russian missile strike in Chernihiv city, Ukraine, 23 June 2022. On 24 February Russian troops entered Ukrainian territory starting a conflict that has provoked destruction and a humanitarian crisis.  EPA-EFE/OLEG PETRASYUK
La Russie a lancé vendredi sa plus importante attaque de drones et de missiles contre l’Ukraine depuis des mois. [EPA-EFE/Oleg Petrasyuk]

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a déclaré que l’attaque de missiles russe de vendredi (29 décembre), l’une des plus importantes depuis le début de la guerre, prouve qu’une trêve avec Moscou ne peut être envisagée.

La Russie a lancé vendredi sa plus importante attaque de drones et de missiles contre l’Ukraine depuis des mois, tuant au moins 18 personnes et en blessant plus de cent autres à Kiev, dans le sud, l’ouest et l’est du pays, selon les autorités ukrainiennes.

Le Kremlin a ciblé des infrastructures critiques et civiles, a précisé le Premier ministre Denys Chmyhal.

Selon l’Ukraine, des dommages ont été signalés dans une maternité de la ville de Dnipro, dans le centre du pays, dans des bâtiments de la ville de Lviv dans l’ouest du pays, du port d’Odessa dans le sud-est et de la ville de Kharkiv dans l’est, mais également dans l’oblast de Zaporijia, dans le sud.

L’Ukraine signale depuis des semaines que la Russie pourrait stocker des missiles en vue de lancer une vaste campagne aérienne visant son réseau énergétique. L’année dernière déjà, des millions de personnes avaient été plongées dans l’obscurité à la suite de frappes russes sur les infrastructures électriques.

Le ministère de l’Énergie a également signalé des coupures de courant dans quatre régions après l’attaque aérienne.

Dans la région de Lviv, près de la Pologne, des impacts des frappes ont été confirmés sur une infrastructure critique, a déclaré le bureau du président, refusant toutefois de préciser laquelle.

« Nous pouvons dire qu’il s’agit d’une attaque massive », a déclaré à la télévision Yuriy Ihnat, porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne.

L’armée de l’air a déclaré que Moscou avait utilisé des missiles hypersoniques, de croisière et balistiques, y compris des missiles extrêmement difficiles à intercepter.

« Nous appelons [les membres de] la communauté internationale à conjuguer leurs efforts pour mettre fin au génocide du peuple ukrainien […] Aucune discussion sur une “trêve”, un “abandon temporaire de territoires”, une “fatigue”, des “négociations” et d’autres “concessions” n’arrêtera l’agression russe », a déclaré le ministère ukrainien des Affaires étrangères dans un communiqué.

« La Russie n’envisage pas d’autre scénario que la destruction complète de l’Ukraine », précise-t-il.

Des frappes « lâches »

Le Haut représentant de l’UE pour la Politique étrangère et de Sécurité, Josep Borrell, a condamné l’une des « plus importantes attaques » russes en Ukraine à ce jour, « frappant des villes et la population ». Il a également accusé Moscou de cibler des civils.

« Il s’agit d’une nouvelle série de frappes lâches et aveugles frappant des écoles, une station de métro et un hôpital », a déclaré Josep Borrell sur les réseaux sociaux. « L’UE se tiendra aux côtés de l’Ukraine, aussi longtemps qu’il le faudra », a promis le chef de la diplomatie de l’UE.

De son côté, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, a enjoint la Russie a « mettre fin immédiatement à ces attaques en Ukraine et à respecter les lois internationales régissant les conflits ».

La France a également condamné les frappes russes, le ministère des Affaires étrangères ayant déclaré par voie de communiqué que le Kremlin « poursuit sa stratégie de terreur visant à détruire les infrastructures civiles ukrainiennes afin de saper la résilience de la population ukrainienne en ce deuxième hiver du conflit ».

« La France continuera à soutenir l’Ukraine et à lui fournir l’aide nécessaire pour lui permettre d’exercer sa légitime défense, en étroite coordination avec ses partenaires » et poursuivra « son appui aux juridictions ukrainiennes et à la Cour pénale internationale afin de lutter contre l’impunité des crimes commis par la Russie », précise le ministère.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]