Groupe de Visegrad : La Slovaquie est le pays le plus opposé aux réfugiés ukrainiens

La plupart des citoyens slovaques ont des opinions négatives sur l'accueil des réfugiés fuyant l’Ukraine déchirée par la guerre, ce qui contraste fortement avec les opinions des citoyens des autres pays du groupe de Visegrad, selon un rapport récent de Globsec.

EURACTIV Slovaquie
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En Slovaquie, l’opinion de 52 % des personnes interrogées sur l'accueil des réfugiés ukrainiens s’est révélée négative, tandis que seulement 42 % ont déclaré avoir une opinion positive à leur égard. [Hannibal Hanschke (EPA-EFE)]

La plupart des citoyens slovaques voient d’un mauvais œil l’accueil des réfugiés fuyant l’Ukraine, ce qui contraste fortement avec les opinions des citoyens des autres pays du groupe de Visegrad (Pologne, République tchèque, Hongrie), selon un nouveau rapport récemment publié par le groupe de réflexion Globsec.

Les participants à l’enquête pour le rapport ont été interrogés sur leur opinion quant à l’accueil des réfugiés ukrainiens dans leur pays.

En Slovaquie, l’opinion de 52 % des personnes interrogées s’est révélée négative, tandis que seulement 42 % ont déclaré avoir une opinion positive à leur égard.

Cette situation contraste fortement avec les résultats de l’enquête obtenus dans les autres pays de Visegrad : la République tchèque, la Hongrie et la Pologne.

La Pologne est le pays où les opinions sur les réfugiés sont les plus favorables : 85 % des personnes interrogées les considèrent positivement contre 11 % négativement. En Hongrie, 82 % ont une opinion positive sur les réfugiés et 15 % ont exprimé une opinion négative. En République tchèque, où l’opinion positive est un peu plus faible (73 %), 25 % des personnes interrogées ont déclaré avoir une opinion négative sur les réfugiés ukrainiens.

La même enquête a également révélé que la grande majorité des Slovaques souhaite voir une diminution du soutien général aux réfugiés.

« L’un des éléments clés des perceptions négatives sont les inquiétudes des habitants des pays d’accueil, qui ont peur que l’aide aux réfugiés ait des conséquences négatives sur leur propre situation économique », a expliqué l’un des auteurs du rapport, Patrik Szicherle, chercheur associé au Democracy & Resilience Center de Globsec.

« [Cet élément] se reflète dans l’opinion sur le type de soutien que les réfugiés devraient recevoir », a-t-il ajouté.

« La politique des partis est un autre élément décisif qui influence la perception des personnes qui fuient la guerre. Les électeurs des partis qui publient des discours hostiles concernant les réfugiés ont considérablement plus tendance à avoir des opinions défavorables sur la présence des Ukrainiens », a ajouté Jana Kazaz, co-auteure du rapport.

Un autre élément qui détermine l’opinion des personnes sur les réfugiés est lié à qui elles attribuent la responsabilité de la guerre. Les personnes qui affirment que c’est l’Ukraine, les États-Unis ou l’OTAN qui sont à l’origine du conflit en Ukraine sont beaucoup plus susceptibles de percevoir négativement les réfugiés ukrainiens, selon les auteurs du rapport.

En Slovaquie, seulement 39 % des personnes interrogées accusent la Russie d’être responsable de la guerre, tandis que 46 % accusent l’Ukraine, les États-Unis ou l’OTAN.