Grossetête, Audy et Mathieu battent la campagne au salon de l’agriculture
Les trois députés européens sortants et candidats UMP aux prochaines élections européennes ont fait les premiers pas de leur campagne dans la plus grande ferme de France.
Les trois députés européens sortants et candidats UMP aux prochaines élections européennes ont fait les premiers pas de leur campagne dans la plus grande ferme de France.
S’il y a bien un rendez-vous immanquable pour un élu français en campagne pour les élections européennes, c’est le Salon de l’agriculture. Mercredi 25 février au matin, deux jours après la présentation de la version française du bilan de santé de la politique agricole commune (PAC), trois députés européens UMP ont ainsi arpenté les allées de «la plus grande ferme de France».
Il faut dire que les agriculteurs représentent une base électorale non négligeable. Alors quand Françoise Grossetête (Sud-Est, 89000 exploitations recensées en 2000) et Jean-Pierre Audy (Massif-Centre, 82 000) passent au stand de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), le syndicat le plus important de la profession, la discussion s’oriente immédiatement sur le bilan de santé de la PAC. «Il y a une insatisfaction générale, glisse un responsable du syndicat. Les céréaliers estiment qu’on leur prend trop, et les éleveurs pensent que l’on ne leur donne pas assez.» Le transfert de 1,4 milliard d’euros du premier au second pilier de la PAC (EURACTIV.fr, 24/02/09) a en effet reçu un accueil mitigé de la part des organisations professionnelles.
Quand l’OMC «pollue»
Autre sujet de préoccupation, les négociations à l’OMC, dans le cadre du cycle de Doha. Engagées en 2001, les discussions entre les pays membres de l’OMC se sont embourbées en raison du refus de certains pays de réduire considérablement les droits de douane sur des produits jugés stratégiques pour leurs producteurs locaux. Car l’angoisse des députés en campagne, c’est qu’une reprise trop rapide des négociations «pollue» toute la campagne des européennes. «Tout dépendra de la décision d’Obama», insiste un responsable de la FNSEA. «S’il décide que c’est dans son intérêt de boucler les négociations, alors elles risquent de reprendre rapidement.»
Grossetête et Audy ne sont pas dans la même situation vis-à-vis des mesures annoncées par le ministre de l’Agriculture. Les agriculteurs de la grande région Sud-Est, où Françoise Grossetête mène la liste UMP, sont surtout des éleveurs de haute et moyenne montagne, qui bénéficient du rééquilibrage de la politique européenne. Dans la région Massif-Centre, Jean-Pierre Audy, en revanche, fait à la fois face à des éleveurs, mais aussi à des céréaliers, qui se sentent majoritairement lésés par les mesures. «L’enjeu, souligne-t-il, c’est de défendre la PAC d’après 2013. Et pour cela, il faut trouver un équilibre entre une agriculture qui serait totalement programmée, et une autre qui serait entièrement libérale.»
Bien que les têtes de liste aient été officiellement fixées, les négociations battent encore leur plein pour sélectionner les autres candidats. Sauf énorme surprise, Françoise Grossetête sera accompagnée par le maire de Saint-Martin de Vésubie, Gaston Franco, dont la candidature a été poussée par le maire de Nice, Christian Estrosi. La Marseillaise Dominique Vlasto devrait constituer le troisième membre du trio, poussée par le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. «Pour la quatrième place, tout reste possible», promet Mme Grossetête.
Photo-éclair avec Michel Barnier
Le cinquième nom pourrait quant à lui venir de Corse, l’un des trois départements de la région Sud-Est. Si cette place n’est en théorie pas éligible, la bataille pour l’obtenir est ardue. Car Françoise Grossetête pourrait également être candidate aux régionales de 2010 en Rhônes-Alpes. Son élection entraînerait l’entrée au Parlement européen du premier non-élu sur la liste. «Beaucoup de choses peuvent changer en cinq ans», confirme Françoise Grossetête.
Rejoints entre temps par Véronique Mathieu (Grand Est, 95 000 exploitations), nos députés s’arrêtent un instant au stand du ministère de l’Agriculture. Le ministre-candidat Michel Barnier s’arrête dix secondes pour poser avec les élus européens, avant de croiser Jacques Lemaître, le président de l’institut technique du porc, également membre du club des amis du cochon, incontournable association de défense de la filière porcine. Il ne va pas non plus par quatre chemins pour dire ses préoccupations aux députés.
«Faîtes bien en sorte que nous puissions continuer à exporter», leur lance-t-il. «L’agriculture française a besoin d’exporter. C’est la possibilité d’exporter qui aide à conserver les emplois. Battez-vous! Battez-vous!»