Grenelle de l’environnement : faire de la France un exemple européen

Lors d’une conférence de presse, l’Alliance pour la planète, un réseau regroupant 80 associations environnementales, a fait part de son souhait de faire de la France un acteur majeur de la « rupture écologique » en Europe grâce au Grenelle de l’environnement.

Lors d’une conférence de presse, l’Alliance pour la planète, un réseau regroupant 80 associations environnementales, a fait part de son souhait de faire de la France un acteur majeur de la « rupture écologique » en Europe grâce au Grenelle de l’environnement.

Développements récents et prochaines étapes :

27 septembre : Présentation des conclusions du Grenelle de l’environnement
Octobre: Consultation du public en région et sur Internet
22 octobre: Conclusions

En bref  :

Après un mois de travail au sein des différents groupes qui composent le Grenelle de l’environnement, l’Alliance pour la planète, un réseau de 80 associations environnementales, a présenté, le 11 septembre, les mesures proposées et défendues par l’organisation dans ces groupes.

Il s’agissait également pour ces associations de réaffirmer leur détermination à imposer leur point du vue face au gouvernement français.

 « Nous n’abdiquerons pas nos convictions, il n’y aura pas de compromis, » a déclaré Daniel Richard, président de WWF France et porte-parole de l’Alliance. « Nous défendons la vérité. Une vérité qui est systémique et scientifique ».

Les ONG se disent prêtes à claquer la porte à tout moment si le Grenelle ne se révèle être qu’une opération de communication. « Nous ne négocierons pas sur le niveau d’ambition, mais uniquement sur les solutions à la crise écologique », a ajouté Yannick Jadot, autre porte-parole de l’Alliance pour la planète et directeur des campagnes de Greenpeace France.

L’Europe regarde la France

L’un des objectifs de l’Alliance est de faire de la France un modèle dans la lutte écologique.

« Il faut savoir ce que veut la France. Soit elle rattrape son retard et devient un moteur pour l’ensemble de l’Union européenne. Soit elle échoue et tout cela n’aura été qu’une grande opération de communication. Nous serons ridiculisés, car en ce moment tout le monde nous regarde ».

Peser sur la Présidence française de l’UE

L’Alliance pour la planète espère également le succès du Grenelle dans la perspective de la Présidence française de l’UE en 2008. L’adoption de propositions ambitieuses au niveau national permettrait en effet à la France d’avoir toute la légitimité nécessaire afin de faire de l’environnement l’une des priorités de sa présidence.

L’organisation aimerait notamment que les propositions retenues lors du Grenelle puissent peser dans les débats européens sur la pêche, l’efficacité énergétique et la réglementation des véhicules en matière de rejet de CO2.

Les exemples européens

Parmi les mesures proposées par l’Alliance, certaines ne sont que la transposition de directives européennes, mais d’autres vont plus loin.

Dans le domaine énergétique, par exemple, l’Union européenne s’est engagée, d’ici 2020, à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre et sa consommation de 20%, ainsi qu’à développer les énergies renouvelables à hauteur de 20% du mix énergétique.

Si l’Alliance pour la planète a repris ces objectifs, l’organisation souhaite que la France aille plus loin : diminuer de 30% la réduction des gaz à effet de serre et la consommation d’énergie, et parvenir à 25% d’énergie d’origine renouvelable d’ici 2020.

Les initiatives de certains pays sont également citées en exemple, notamment celle de l’Allemagne, qui a décidé de renoncer au nucléaire.

Risque d’échec du Grenelle ?

Les négociations au sein des groupes de travail sont toutefois loin d’être achevées. Des frictions concernant, par exemple, la mise en place d’un moratoire sur la culture des OGM en plein champ – une mesure voulue par les associations – bloquent les discussions au sein de l’un des groupes de travail.

L’Union européenne autorise aujourd’hui la commercialisation du maïs transgénique. Certains États membres ont pris des mesures pour limiter leur culture ou leur commercialisation. L’Allemagne interdit par exemple la vente des semences de maïs génétiquement modifié, tandis que la Grèce, l’Italie, la Pologne, l’Autriche et la Hongrie ne permettent plus la culture d’OGM en plein champ.