Grèce : Papandréou remanie et demande la confiance

Le Premier ministre doit obtenir un consensus national sur le deuxième plan d’austérité, pour que la Grèce puisse bénéficier d’une nouvelle aide de l’UE et du FMI.

EURACTIV.fr
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Le Premier ministre doit obtenir un consensus national sur le deuxième plan d’austérité, pour que la Grèce puisse bénéficier d’une nouvelle aide de l’UE et du FMI.

Le premier ministre grec Georges Papandréou a annoncé, mercredi 15 juin, la formation d’un nouveau gouvernement, au soir d’une journée de forte mobilisation contre son nouveau plan d’austérité. Un vote de confiance aura lieu ensuite au Parlement. 

« Je poursuivrai sur la même voie. C’est la voie du devoir, ensemble avec le groupe parlementaire du Pasok, ses membres et le peuple grec », a déclaré le dirigeant socialiste (Pasok).

Dans la journée, M. Papandréou avait proposé de démissionner afin d’ouvrir la voie à un gouvernement d’union favorable au plan de sauvetage draconien élaboré par l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

Hausse des prélèvement, réduction des dépenses

Le projet de Georges Papandréou porte sur 6,5 milliards d’euros sous forme de hausse des prélèvements obligatoires et de réduction des dépenses pour 2011. Il s’agit du double des dispositions prévues dans le premier plan de sauvetage qui a entraîné une envolée du chômage, désormais à 16,2%, et aggravé la récession pour la troisième année.

Le gouvernement cherche à obtenir un consensus national sur ce plan d’austérité, condition exigée par l’UE et le FMI pour débloquer une tranche de 12 milliards d’euros d’aide supplémentaire, le mois prochain.

Les Européens et le FMI souhaitent que toutes les formations politiques grecques apportent leur soutien au programme d’austérité avant la réunion le 20 juin des ministres des Finances de l’UE et le sommet européen des 23 et 24 juin.

Le chef du gouvernement doit faire face au mécontentement de l’opinion publique, à l’opposition des conservateurs qui ont repris l’avantage sur les socialistes dans les sondages, mais également à la grogne d’une partie de sa majorité qui menace de ne pas adopter les nouvelles mesures.

L’opposition a fait savoir qu’elle n’accepterait de voter le plan qu’à condition de le renégocier. Et son chef de file, le conservateur Antonis Samaras, dirigeant de la Nouvelle Démocratie, a réclamé la tenue d’élections anticipées. 
 
Violentes manifestations
 
Un député du Pasok a quitté mardi la formation, qui détient désormais 155 sièges sur 300 au Parlement. Un autre a promis de voter contre le plan gouvernemental.

Des dizaines de milliers de personnes – 30 000 selon la police – ont manifesté, mercredi, devant le Parlement lors d’une journée de grève nationale à l’appel des syndicats pour dénoncer les nouvelles mesures d’austérité présentées pour la première fois au Parlement.

Dans la matinée, plusieurs milliers de manifestants et de syndicalistes ont convergé vers la place Syntagma, où se trouve le Parlement. Dans l’après-midi, la place a été le théâtre de violents affrontements. 

A la fin de la journée, mercredi, les taux d’intérêts à long terme (10 ans) sur les emprunts d’États de la Grèce étaient de 17,439% après avoir atteint un record de 17,68%.  A titre de comparaison, la France empruntait à un taux de 3,41% le même jour. 

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