Grèce : Les ministres des Finances de l’UE confirment la décision de la zone euro

Réunis à Bruxelles le 16 février, ils ont donné 30 jours à la Grèce pour montrer sa volonté de réduire ses déficits.

EURACTIV.fr

Réunis à Bruxelles le 16 février, ils ont donné 30 jours à la Grèce pour montrer sa volonté de réduire ses déficits.

Le 15 février, le gouvernement grec a été contraint de s’engager devant ses pairs de la zone euro à proposer d’ici un mois de nouvelles réductions des dépenses ou hausses d’impôts, si la réalisation de ses objectifs budgétaires s’avérait insuffisante. Réunis le lendemain à Bruxelles, les ministres des Finances de l’UE ont confirmé cette décision. 

Depuis le sommet européen du 11 février, les marchés attendaient que les Vingt-Sept précisent les modalités pratiques d’un éventuel soutien à la Grèce. Ils sont finalement restés sur leur faim, et n’ont pas desserré l’étau dans lequel ils tiennent Athènes depuis plusieurs semaines.

L’écart de rendement entre d’une part le Bund allemand à 10 ans et d’autre part l’obligation grecque de même échéance s’est ainsi à nouveau creusé de 30 points de base mardi 16 février, à 335 pdb, contre 305 pdb en fin de journée lundi.

Mardi, les valeurs bancaires s’inscrivaient quant à elle en recul de 3,7% à la Bourse d’Athènes en fin de matinée, des analystes évoquant cette pression des spreads et l’aggravation de la récession en Grèce au quatrième trimestre.

L’euro, en revanche, se reprend face au dollar, les investisseurs jugeant que le niveau de change inscrit déjà la plupart des annonces négatives concernant la Grèce et que le moment est opportun pour prendre des bénéfices.

Les 27 divisés

Officiellement, les Vingt-Sept espèrent que les effets conjugués des pressions politiques et du plan grec d’austérité permettront d’apaiser les marchés. Plusieurs ministres jugent cependant d’ores et déjà que la conjoncture forcera rapidement Athènes à annoncer de nouvelles mesures et les Européens à détailler leurs intentions.

La Grèce, où la récession persiste, devra aussi faire face en mars et avril à deux échéances de refinancement de dettes pour un montant total supérieur à huit milliards d’euros.

« Ces mesures supplémentaires seraient préparées par l’Eurogroupe et décidées à la majorité qualifiée, sans la participation de la Grèce », a indiqué le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Il a suggéré des coupes dans des dépenses déjà décidées, des hausses de TVA, et un relèvement des taxes sur les produits de luxe et de l’énergie.

Evaluation par la Commission et la BCE

La Commission européenne, en liaison avec la Banque centrale européenne, sera chargée de mener une première évaluation avant la prochaine réunion des ministres des Finances, mi-mars.

Les Européens espèrent également mettre à profit ce délai pour affiner leur réponse.

Selon plusieurs sources au sein de la zone euro, les ministres des Finances des Seize restent fortement divisés sur les modalités d’un plan d’aide, qui pourrait notamment consister en achats d’obligations grecques par des banques publiques.

S’il a rappelé lundi l’engagement formulé le 11 février par les Vingt-Sept de prendre, si nécessaire, des mesures coordonnées pour garantir la stabilité de la zone euro, le président de l’Eurogroupe n’en a pas moins cherché à clore le débat sur la nécessité ou non de rendre publics les détails d’un éventuel plan de soutien.

« Il n’est pas sage de discuter publiquement des instruments éventuels de soutien à la Grèce », a dit Jean-Claude Juncker, assurant que si ceux-ci étaient nécessaires, il ne devait y avoir « aucun doute » sur la volonté des Seize de les utiliser.

« Les marchés financiers se trompent lourdement s’ils pensent qu’ils peuvent mettre en pièce la Grèce », a-t-il ajouté.

Le ministre grec des Finances, George Papaconstantinou, a cependant fait valoir que seul le détail de ces instruments serait à même de ramener le calme sur les marchés.

Il a également prévenu que la tâche qui attend son gouvernement – ramener d’ici 2012 le déficit sous le plafond des 3% du PIB contre 12,7% en 2009 et le réduire de 4% dès 2010 – revenait à changer la trajectoire du Titanic. « Cela ne peut pas être fait en un jour », a-t-il dit.