Grèce : l’Allemagne veut un rééchelonnement de la dette et une aide du privé

Berlin a envoyé une lettre aux dirigeants de la zone euro, à la BCE et au FMI.

EURACTIV.fr
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Berlin a envoyé une lettre aux dirigeants de la zone euro, à la BCE et au FMI.

Le débat n’en finit plus. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a relancé l’idée d’une restructuration de la dette grecque et demandé à ses partenaires européens de faire en sorte que les créanciers privés contribuent notablement à un nouveau plan de renflouement.

Dans une lettre adressée à ses homologues de la zone euro ainsi qu’aux dirigeants de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, lundi 6 juin, le ministre allemand demande ainsi une contribution « quantifiée et substantielle » de la part des investisseurs ayant acquis de la dette grecque.

« Ce résultat peut être atteint par un échange de titres, qui permettrait de reporter de sept ans l’échéance des obligations souveraines grecques en circulation, tout en donnant à la Grèce le temps nécessaire pour appliquer les réformes nécessaires et regagner la confiance des marchés », peut-on lire dans ce document.

Même s’il avait lieu sur la base du volontariat, un tel échange équivaudrait à une restructuration de la dette grecque détenue par des investisseurs privés et les agences de notation ont prévenu qu’elles considéreraient cette manœuvre comme un défaut de paiement.

Contagion

Les détracteurs de l’idée mettent également en avant le risque de contagion aux autres pays européens. Mais les contribuables et parlementaires d’outre-Rhin sont réticents à faire reposer les plans de sauvetage sur les seuls deniers publics.

La lettre du ministre allemand a été envoyée deux semaines avant le sommet européen des 23 et 24 juin, lors duquel le nouveau plan de sauvetage accordé à Athènes devrait être formellement approuvé. Estimé entre 80 et 110 milliards d’euros, il permettrait de couvrir les besoins financiers grecs jusqu’en 2014.

Pour l’heure, la dette grecque atteint presque 340 milliards d’euros, soit environ 150% de son produit intérieur brut.