Grave crise politique en Belgique

La premier ministre belge Yves Leterme a présenté sa démission au roi Albert II, qui s’est donné un temps de réflexion pour accepter. Le pays est plongé dans une très grave crise politique à quelques semaines seulement de la présidence belge de l’UE.

EURACTIV.fr
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La premier ministre belge Yves Leterme a présenté sa démission au roi Albert II, qui s’est donné un temps de réflexion pour accepter. Le pays est plongé dans une très grave crise politique à quelques semaines seulement de la présidence belge de l’UE.

Jeudi 22 avril, le parti libéral flamand Open VLD a décidé de se retirer de la coalition gouvernant le pays, créant une nouvelle crise nationale après celles qui ont divisé les parties francophone et néerlandophone du pays depuis les dernières élections nationales il y a trois ans.

L’Open VLD a indiqué avoir retiré sa confiance au gouvernement en raison de la façon dont le conflit entre les parties francophone et néerlandophone sur les frontières électorales aux alentours de Bruxelles avait été géré.

« Nous ne sommes pas tombés d’accord sur une solution négociée et de ce fait l’Open VLD n’a plus confiance dans le gouvernement », a affirmé le président du parti Alexander De Croo.

Le premier ministre Yves Leterme a quitté son cabinet aux alentours de 13 heures (heure locale) pour donner sa démission au Roi Albert II.

Le Roi a la possibilité de refuser ou d’accepter cette démission, mais il serait difficile pour M. Leterme de gouverner sans le soutien de l’Open VLD, car la coalition dirigeante détiendrait seulement 76 des 150 sièges de la chambre basse du Parlement. Le roi Albert II s’est donné un délai de réflexion pour prendre sa décision. 

Des sources de l’Open VLD ont déclaré à EURACTIV.com que le pays allait probablement organiser des élections de manière prématurée. Celles-ci pourraient avoir lieu au début du mois de juin, peu avant que le pays prenne la présidence tournante de l’UE le 1er juillet.

Querelle linguistique

Le parti libéral Open VLD et d’autres partis flamands souhaitent diviser la circonscription électorale bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvoorde en deux circonscriptions électorales distinctes.

Géographiquement, la circonscription électorale de Bruxelles est située en Flandre, et les partis flamands soutiennent que certaines de ses communes dans la périphérie de la ville devraient être considérées comme néerlandophones.

Mais les partis francophones ne veulent pas en entendre parler et demandent des garanties pour s’assurer que les droits des minorités linguistiques autour de Bruxelles sont respectés.

Environ 100 000 francophones vivent dans les banlieues de la ville et bénéficient de privilèges particuliers. Il peuvent par exemple voter dans la circonscription bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvoorde (BHV).

La présidence de l’UE

Lors de sa prise de fonction de la présidence du Conseil européen en 2009, Herman Van Rompuy, à l’époque premier ministre de Belgique, avait indiqué qu’il ferait tout son possible pour résoudre les tensions internes du pays d’ici mi-2010, avant que ne débute la présidence du Conseil de l’UE.

Des sources du Parlement européen ont confié à EURACTIV.com que la dernière « affaire belge » nuirait sévèrement à la crédibilité que le petit pays avait regagnée lorsque l’ancien premier ministre M. Van Rompuy était devenu président du Conseil européen.