Gordon Brown face à la bataille du referendum sur le traité européen [FR]
Le Premier ministre britannique a rencontré son homologue allemand Angela Merkel dans un climat de pression accrue concernant l'organisation d'un referendum sur le nouveau traité européen alors que les syndicats se sont ralliés aux conservateurs et aux eurosceptiques.
Le Premier ministre britannique a rencontré son homologue allemand Angela Merkel dans un climat de pression accrue concernant l’organisation d’un referendum sur le nouveau traité européen alors que les syndicats se sont ralliés aux conservateurs et aux eurosceptiques.
Suite à sa rencontre avec la “gagnante” du nouveau traité européen, Angela Merkel, Gordon Brown a tenté de résister aux différents appels au referendum sur le nouveau traité modificatif, accepté de justesse par les 27 dirigeants européens plus tôt en juin (lire EURACTIV 23/06/07 and 28/06/07), après que deux syndicats britanniques ont déposé des motions appelant à un vote du public.
Ces motions, devant être adoptées le 10 septembre lors du Congrès annuel du TUC (Confédération syndicale britannique), placent le Premier ministre dans une situation délicate étant donné que les syndicats sont les partisans traditionnels du parti travailliste et une source vitale de soutien politique et financier. Leur présence sera nécessaire à Brown s’il doit organiser des élections générales pour renforcer sa légitimité.
Brown a néanmoins déclaré qu’il respectait la décision du gouvernement selon laquelle le traité devrait être ratifié par le Parlement plutôt que par un vote de la population, ce texte n’allant pas si loin que le traité constitutionnel européen d’origine, contrairement à ce que les conservateurs et le parti indépendantiste britannique pensaient.
Il estime que « la façon la plus appropriée d’en discuter sera alors un débat approfondi à la Chambre des communes et à la Chambre des Lords » et que le Parlement adoptera le texte. De plus, il ne pense pas que les syndicats iront au bout de leurs menaces. « A mon avis, les syndicats soutiendront le gouvernement sur cette question, mais attendons l’issue de leur congrès ».
Mais les syndicats ne sont pas satisfaits de la décision de Londres visant à rejeter la charte des droits fondamentaux légalement contraignante, une charte des citoyens de grande ampleur qui définit les droits sociaux, y compris le droit de grève, mais dont le gouvernement craint qu’elle ne menace la souplesse du droit du travail britannique.
Pour Paul Kenny, secrétaire général de la Britain general Union (GMB), les membres de la GMB sont malades et fatigués d’être considérés comme des citoyens de deuxième catégorie en Europe. Si ces droits sont assez bons pour les travailleurs français, allemands et espagnols, alors ils devraient également être appliqués aux travailleurs britanniques.
Angela Merkel n’a émis aucun commentaire sur la question mais comme l’a fait remarquer un de ses alliés les plus proches, le député européen Elmar Brok, si le RU a obtenu différents “opt-out”, où est le problème? Comment les autres Etats membres réagiraient si le Royaume Uni devait aujourd’hui tenir un referendum ? Selon ce dernier, cela nuirait aux négociations sur le traité et irait même jusqu’à remettre en question la crédibilité de la Grande Bretagne en tant qu’Etat membre.