Giorgia Meloni se félicite de la baisse du nombre des arrivées irrégulières en Europe
Selon Frontex, le nombre des migrants traversant la Méditerranée centrale a baissé en 2024, en raison d’une diminution des départs, ce que n’a pas manqué de relever Giorgia Meloni, qui s’en attribue le mérite.
ROME — Selon Frontex, le nombre des migrants traversant la Méditerranée centrale a baissé en 2024, en raison d’une diminution des départs, ce que n’a pas manqué de relever Giorgia Meloni, qui s’en attribue le mérite.
La réduction du nombre des migrants posant le pied en Italie est l’un des objectifs principaux du gouvernement de Giorgia Meloni.
La Première ministre italienne a pourtant ces derniers mois subi un revers important, avec le fiasco des centres d’accueil en Albanie, qui devaient héberger des exilés pendant l’examen de leur demande d’asile en Italie et qui ont couté 800 millions d’euros.
Elle cherche désormais à s’attribuer quelques succès.
Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, a publié le 14 janvier des données révélant une baisse de 38 % des franchissements irréguliers des frontières de l’Union européenne (UE) en 2024, soit le nombre le plus bas depuis 2021, une année où les effets de la pandémie se faisaient encore sentir.
Selon Frontex, cette baisse est due à une réduction de 59 % des départs depuis la Tunisie et la Libye, conséquence pour Giorgia Meloni de son action à la tête du gouvernement italien.
La cheffe de l’exécutif italien a notamment fait allusion aux accords conclus avec des pays de transit des migrants — comme la Tunisie et la Libye — afin de limiter les départs, et à l’établissement de centres de retour dans des pays tiers pour traiter les demandes d’asile à l’extérieur de l’UE.
Pourtant, l’efficacité de la politique italienne semble encore incertaine. Les centres installés en Albanie sont pour l’heure à l’arrêt, en raison d’importants obstacles juridiques. Leur avenir dépend d’un arrêt de la Cour de justice européenne, attendu pour le mois de février.
Selon Valeria Taurino, directrice générale de l’organisation non gouvernementale SOS Méditerranée Italia, les données dévoilées par Frontex sont, au contraire, inquiétantes.
Cette dernière reconnait que la diminution du nombre des arrivées peut être en partie attribuée aux accords conclus avec la Libye et la Tunisie. Mais que ces accords ont aussi pour conséquences le non-respect des conventions internationales et des droits fondamentaux.
Pour la directrice de SOS Méditerranée Italia, « moins de départs ne signifie pas nécessairement moins de morts ». Selon cette dernière, la politique d’externalisation des frontières n’a pas clairement freiné les départs, mais elle les a rendus invisibles et donc plus dangereux.
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[Édité par Alice Bergoënd et Laurent Geslin]