Giorgia Meloni renforce les relations commerciales de l'Italie avec l'Arabie saoudite
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a jeté les bases d’une reprise des relations avec les États du Golfe après une mission de trois jours en Arabie saoudite et au Bahreïn, qui a débouché sur des accords d’une valeur d’environ 9,5 milliards d'euros.
ROME — La Première ministre italienne Giorgia Meloni a jeté les bases d’une reprise des relations avec les États du Golfe après une mission de trois jours en Arabie saoudite et au Bahreïn, qui a débouché sur des accords d’une valeur d’environ 9,5 milliards d’euros.
La visite, qui s’est achevée lundi, a suscité des accusations de manque de cohérence politique de la part des partis d’opposition, qui ont attiré l’attention sur les positions passées de Giorgia Meloni à l’égard de l’Arabie saoudite.
« [Giorgia] Meloni ne laisse plus passer un seul jour sans se contredire », a commenté le Parti démocrate sur les réseaux sociaux.
Sa dirigeante, Elly Schlein, a également partagé une vidéo de 2019 dans laquelle la Première ministre dénonce l’absence de droits civils dans le royaume saoudien.
Les critiques se sont également concentrées sur la réunion bilatérale de dimanche avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.
Lors d’un point de presse, Giorgia Meloni a soutenu qu’il n’y avait « aucune contradiction » entre ses déclarations passées et ses actions actuelles, et a souligné l’importance stratégique de l’Arabie saoudite au Proche-Orient.
Le rôle de l’Arabie saoudite au Proche-Orient a été un thème récurrent dans le discours de la dirigeante italienne lors d’une table ronde avec des entreprises italiennes sur le site UNESCO d’Al-’Ula.
Elle a décrit le royaume comme « un acteur clé dans l’ensemble du Proche-Orient » et a souligné que « la normalisation des relations entre l’Arabie saoudite et Israël pourrait faciliter les progrès vers une solution à deux États ». Elle a également déclaré que l’Arabie saoudite avait contribué à renforcer les institutions libanaises et à stabiliser la région.
Lors d’un autre point de presse en Arabie saoudite, Giorgia Meloni a abordé la question des sanctions commerciales américaines : « Le conflit ne profite à personne. Le dialogue et une solution équilibrée et équitable sont les clés pour relever ces défis ».
« Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, et la voie que j’ai l’intention de suivre est celle que je proposerai à l’administration américaine, afin de parvenir à des solutions partagées », a-t-elle ajouté.
La coopération en matière de défense était un autre élément clé de la visite de Giorgia Meloni. La Première ministre italienne a signalé que son pays approuvait la participation de l’Arabie saoudite au Global Combat Air Programme (GCAP), un projet d’avion de combat furtif de sixième génération mené par l’Italie, le Royaume-Uni et le Japon.
« Bien entendu, il ne s’agit pas d’un processus immédiat, car nous devons achever notre travail trilatéral avec les gouvernements du Royaume-Uni et du Japon et faciliter une participation plus étroite de l’Arabie saoudite », a-t-elle expliqué.
La visite a débouché sur une série d’accords d’une valeur estimée à 9,5 milliards d’euros, portant sur la défense, les technologies de pointe et l’énergie.
Les accords, annoncés à Al-’Ula, concernent plus de 20 entreprises italiennes, dont des acteurs majeurs du secteur de la défense, tels que Leonardo, Fincantieri et Elettronica, ainsi que Snam, l’opérateur public de transport de gaz naturel.
Leonardo a signé un protocole d’accord visant à promouvoir le développement de la technologie aérospatiale, tandis que Snam s’est associée à la compagnie d’électricité saoudienne Acwa Power pour créer une chaîne d’approvisionnement en hydrogène vert de l’Arabie saoudite à l’Europe. Fincantieri a également renforcé sa présence régionale en signant des accords sur la construction navale et la cybersécurité.
La mission s’est achevée au Bahreïn, où Giorgia Meloni a rencontré le roi Hamad ben Issa Al Khalifa et le prince héritier et Premier ministre Salman ben Hamad Al Khalifa. La visite au Bahreïn était la première d’un Premier ministre italien dans le petit royaume du Golfe.