Giorgia Meloni promet de lutter contre la traite, mais exfiltre un chef de guerre libyen
Condamné par la Cour pénale internationale (CPI), le chef de guerre libyen Ossama al-Masri a pourtant été libéré par les autorités italiennes. La société civile accuse Giorgia Meloni de ne rien faire pour lutter contre la traite des êtres humains.
Condamné par la Cour pénale internationale (CPI), le chef de guerre libyen Ossama al-Masri a été libéré par les autorités italiennes. La société civile accuse Giorgia Meloni de ne rien faire pour lutter contre la traite des êtres humains.
Giorgia Meloni s’était engagé à faire respecter l’État de droit et à lutter contre la traite des êtres humains. La société civile italienne lui reproche aujourd’hui de faire l’inverse.
Ossama al-Masri, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI depuis 2015 pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis dans la prison de Mitiga, en Libye, avait été arrêté le week-end dernier par la police italienne à Turin.
À la suite d’une ordonnance de la Cour d’appel de Rome, il a été libéré et renvoyé en Libye à bord d’un avion des services secrets italiens.
Selon les médias italiens, Ossama al-Masri était lié à l’influente force militaire spéciale de dissuasion libyenne. Dans le cadre de ses fonctions, il aurait supervisé un centre de détention de migrants à Tripoli.
« [Giorgia] Meloni a déclaré la guerre aux trafiquants d’êtres humains dans le monde entier, mais ils en ont arrêté un et l’ont renvoyé dans son pays d’origine », a dénoncé Elly Schlein, la cheffe de file du Parti démocrate (PD), qui a demandé à la Première ministre italienne de s’expliquer devant le Parlement.
« L’Italie, qui prétend vouloir traquer les trafiquants “partout dans le monde”, accueillait discrètement un criminel international », a de son côté dénoncé l’organisation non gouvernementale (ONG) Sea Watch.
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Financement de la « machine à abus »
En 2017, l’Italie et la Libye avaient signé un protocole d’accord sur la migration, afin de « renforcer la sécurité des frontières » et de lutter contre l’immigration illégale et la traite des êtres humains.
Renouvelé tous les trois ans, cet accord est depuis largement critiqué. Plusieurs rapports notent des violations des droits humains en Libye, notamment par les garde-côtes financés par l’Italie.
Ossama al-Masri « faisait partie de la machine à abus que les accords avec l’Italie et l’Europe alimentent », a ajouté Sea Watch.
« Certains d’entre nous ont subi des tortures dans la prison de Mitiga et ont vu de jeunes garçons mourir sous nos yeux », a déclaré l’ONG RefugeesinLibya, qui protège les réfugiés et les demandeurs d’asile vivant en Libye.
« Compte tenu de l’impunité totale dont jouissent les trafiquants d’êtres humains en Italie, nous craignons pour nos vies et pour celles de ceux qui ont eu le courage de témoigner devant la Cour pénale internationale », a ajouté l’ONG.
La CPI cherche à comprendre
L’arrivée d’Ossama al-Masri en Libye a été largement documentée sur les réseaux sociaux. Sur des vidéos, on peut voir son atterrissage à l’aéroport de Mitiga, célébré par ses partisans.
Cette libération s’est effectuée sans notification préalable ni consultation de la Cour basée à La Haye, a déclaré la CPI mercredi dans un communiqué.
La CPI a indiqué qu’elle « cherchait » et n’avait « pas encore obtenu » la confirmation des autorités italiennes sur les mesures qui ont été prises. Elle a appelé tous ses membres à « coopérer pleinement à ses enquêtes et à ses actions pénales ».
Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, présentera un rapport sur l’affaire au Parlement italien la semaine prochaine.
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[AB et LG]