Giorgia Meloni met en doute l'européanisme de l’Allemagne

Mardi (25 octobre), la Première ministre italienne nouvellement désignée, Giorgia Meloni, a critiqué l’Allemagne pour sa position dans la crise énergétique de l’UE et s’est demandé si cela signifiait être vraiment « européaniste ».

EURACTIV Allemagne / EURACTIV Italie
Confidence vote for Italy’s new government in the lower house of parliament
La Première ministre italienne Giorgia Meloni lors d'un discours devant les députés le 25 octobre. A ses cotés, les deux vice-Premier ministre Matteo Salvini (G) et Antonio Tajani (D). [EPA-EFE/Riccardo Antimiani]

Mardi (25 octobre), la Première ministre italienne nouvellement désignée, Giorgia Meloni, a critiqué l’Allemagne pour sa position dans la crise énergétique de l’UE et s’est demandé si cela signifiait être vraiment « européaniste ».

Dans un discours devant la Chambre des Députés italienne, Mme Meloni a défendu son allié, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, et a pointé du doigt l’Allemagne, qui, selon elle, ne coopère pas avec les Pays-Bas pour obtenir un meilleur prix du gaz pour tous les États membres de l’UE.

« Vous citez toujours M. Orbán, mais l’attitude de l’Allemagne est-elle ce que nous appelons l’européanisme ? », a demandé Mme Meloni à l’opposition italienne.

« Il me semble que l’UE est passée à côté de certaines choses, et pas à cause des “souverainistes”, qui ne gouvernent pas dans l’UE », a ajouté Mme Meloni.

Mardi, Giorgia Meloni a obtenu la « confiance » de la majorité des députés – le même résultat est attendu ce mercredi lors d’un vote au Sénat.

Le même jour, une autre réunion cruciale a eu lieu à Luxembourg, au cours de laquelle les ministres de l’Énergie de l’UE ont une fois de plus échoué à trouver un compromis sur la crise énergétique, l’Allemagne et certains autres États du Nord n’étant pas d’accord sur le plafonnement des prix du gaz.

Budapest s’oppose également à un plafonnement des prix, et le ministre des Affaires étrangères Péter Szijjártó a déclaré hier qu’il ne devrait même pas s’appliquer aux contrats d’approvisionnement en gaz à long terme, que la Hongrie a conclus avec la Russie, selon le quotidien d’opposition Népszava.

Clarifiant sa position sur la scène européenne, Mme Meloni a déclaré qu’elle ne deviendrait jamais « la pom-pom girl de qui que ce soit » et, faisant référence à l’UE, elle a insisté sur le principe de subsidiarité : « Elle [l’UE] devrait en faire moins et le faire mieux, et ne pas avoir son mot à dire sur tout ».

Sa rhétorique européenne s’aligne sur celle de Viktor Orbán, qui a d’ailleurs été l’un des premiers à la féliciter pour son nouveau rôle.

Cependant, ce ne sera guère le cas avec l’Allemagne, considérant que le gouvernement social-démocrate de Berlin ne voulait pas que l’extrême droite de Giorgia Meloni arrive au pouvoir.

S’adressant à EURACTIV Allemagne avant le vote italien, Axel Schäfer, président du groupe parlementaire germano-italien au législatif, a déclaré qu’un chef de gouvernement d’extrême droite à Rome serait « un désastre pour l’Union européenne ».

M. Schäfer a également décrit l’allié de Mme Meloni, Silvio Berlusconi, comme « un précurseur du post-fascisme ».

À la mi-décembre, le chancelier allemand Olaf Scholz et le Premier ministre italien de l’époque, Mario Draghi, se sont engagés à travailler sur un plan d’action visant à approfondir les liens entre les deux pays, notamment en ce qui concerne la coordination au niveau européen.

Malgré l’élection de Mme Meloni, le SPD et les chrétiens-démocrates de l’opposition (CDU) souhaitent que ce plan d’action progresse, principalement dans l’intérêt de la société italienne.

De son côté, M. Orbán a récemment avoué que les relations germano-hongroises ne se portent pas au mieux, soulignant que « les dirigeants politiques ont beaucoup à faire pour que la coopération germano-hongroise, traditionnellement bonne, se poursuive ».

« La société hongroise est beaucoup plus pluraliste, libre et pacifique que la société allemande […] Dans les dix à vingt prochaines années, de plus en plus d’Européens de l’Ouest s’installeront en Hongrie parce que la Hongrie est un pays sûr, chrétien et fier de ses traditions », a-t-il ajouté.

Les commentaires hostiles de Mme Meloni à l’égard de Berlin, alors qu’elle a insisté hier sur le fait que son gouvernement serait un partenaire « fiable » de l’Union européenne, indiquent qu’il n’en va peut-être pas de même pour les capitales européennes.