Giorgia Meloni et Viktor Orbán renforcent leurs liens dans un contexte de défis européens croissants
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a accueilli le Premier ministre hongrois Viktor Orbán au Palazzo Chigi mercredi 4 décembre pour la deuxième fois en six mois afin de discuter de plusieurs questions, avec un accent particulier mis sur l'immigration irrégulière et la coopération européenne.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a accueilli le Premier ministre hongrois Viktor Orbán mercredi 4 décembre au Palazzo Chigi pour la deuxième fois en six mois afin de discuter de plusieurs questions, avec un accent particulier mis sur l’immigration irrégulière et la coopération européenne.
Dans une déclaration commune, les deux dirigeants ont réaffirmé leur engagement à lutter contre l’immigration irrégulière grâce à une « collaboration renforcée avec les pays d’origine et de transit », et ont souligné l’importance de s’attaquer aux causes profondes. À savoir, démanteler les réseaux de trafic d’êtres humains et prévenir les pertes de vies humaines en mer.
Un cadre juridique actualisé est nécessaire pour « faciliter, accroître et accélérer les retours depuis l’Union européenne », selon les deux responsables politiques, qui ont également déclaré qu’il fallait se concentrer sur l’extension de la reconnaissance des « pays d’origine sûrs ».
Les discussions ont également porté sur les moyens d’« explorer de nouvelles modalités » pour prévenir et freiner l’immigration irrégulière, dans le respect du droit communautaire et international. Giorgia Meloni et Viktor Orbán sont revenus sur la voie ouverte par l’accord récemment conclu entre l’Italie et l’Albanie sur la gestion de l’immigration grâce à des centres de traitement des demandes d’asile.
Les deux premiers transferts du modèle entre l’Italie et l’Albanie ont été interrompus et les demandeurs d’asile ont été renvoyés en Italie après qu’un tribunal de Rome a refusé de valider leur détention et a porté l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne (UE).
Le gouvernement italien attend la décision des juges de Luxembourg, mais aussi celle de la Cour de cassation italienne, qui a tenu son audience mercredi.
Le procureur général a demandé que la décision soit suspendue dans l’attente d’un arrêt de la Cour de justice de l’UE (CJUE), le verdict final étant attendu dans les semaines à venir. La question centrale est de savoir si les juges peuvent exercer un pouvoir discrétionnaire pour décider si un pays est « sûr » ou s’ils doivent suivre strictement la liste préétablie par le gouvernement.
Mercredi, le parlement italien a également approuvé le décret sur les flux migratoires, qui comprend une liste gouvernementale de « pays sûrs », de nouvelles règles transférant le pouvoir de décision sur la détention des migrants aux cours d’appel, et des mesures plus strictes pour les organisations non gouvernementales (ONG) travaillant en Méditerranée. Ces mesures visent à contourner les contestations judiciaires de la détention des migrants en Albanie, mais elles ont suscité des inquiétudes quant aux droits et à l’indépendance du pouvoir judiciaire.
Outre la question de l’immigration, Giorgia Meloni a félicité Viktor Orbán pour le succès de la présidence hongroise du Conseil de l’UE et a salué l’adoption de la déclaration de Budapest sur la compétitivité, ainsi que les progrès réalisés dans l’ouverture du premier chapitre des négociations d’adhésion à l’UE avec l’Albanie, mais aussi l’avancement des discussions sur l’élargissement de l’espace Schengen avec la Bulgarie et la Roumanie.
Les dirigeants ont également abordé la coordination politique en cours sur les questions internationales, notamment la situation au Proche-Orient et leur soutien commun à une paix juste et durable en Ukraine, fondée sur les principes de la charte des Nations unies et du droit international.
La rencontre s’est déroulée dans le contexte d’une dynamique européenne plus large, notamment le rôle potentiel que les deux responsables politiques pourraient jouer en tant qu’intermédiaires diplomatiques avec l’administration de Donald Trump, alors que la France et l’Allemagne font face à de grandes incertitudes politiques.
Pendant que les discussions bilatérales se déroulaient au Palazzo Chigi, une manifestation contre les politiques de Viktor Orbán était organisée sur la Piazza Colonna par +Europa, un groupe politique pro-européen.
Benedetto Della Vedova, secrétaire de +Europa, a critiqué le gouvernement hongrois en le qualifiant de « modèle liberticide » qui porte atteinte à la liberté de la presse, aux libertés individuelles et aux droits civils.
Il a également averti que l’alignement de Viktor Orbán sur Donald Trump pourrait constituer une menace pour la cohésion de l’UE, arguant que Giorgia Meloni doit choisir son camp avec soin, car Donald Trump cherche à affaiblir l’UE en courtisant des dirigeants tels que le Hongrois.
En d’autres termes, la rencontre entre les deux dirigeants semble refléter non seulement les efforts bilatéraux en cours, mais aussi un changement plus large dans la géopolitique européenne, puisque les deux personnalités semblent se positionner en première ligne pour façonner l’avenir de l’UE en ces temps incertains.