Gibraltar : nouvelle rencontre entre l’Espagne et le Royaume-Uni à Bruxelles
Le chef de la diplomatie espagnole doit rencontrer son homologue britannique et le vice-président de la Commission européenne Maroš Šefčovič à Bruxelles jeudi (16 mai) pour tenter de finaliser l’accord tant attendu sur le futur statut de l’encalve britannique de Gibraltar.
Le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, doit rencontrer son homologue britannique, David Cameron, et le vice-président de la Commission européenne Maroš Šefčovič à Bruxelles jeudi (16 mai) pour tenter de finaliser l’accord tant attendu sur le futur statut de l’encalve britannique de Gibraltar, selon des sources diplomatiques madrilènes.
Il s’agit de la deuxième rencontre entre les trois hommes. À l’issue de leur dernière réunion, le 12 avril, aucun progrès tangible n’a été réalisé en vue de parvenir à un accord durable sur la question des règles de circulation entre Gibraltar et l’Espagne, huit ans après le référendum sur le Brexit.
L’objectif de cette nouvelle réunion, précisent les sources citées par l’agence de presse espagnole EFE, est de « progresser sur les grandes lignes d’un accord qui apportera prospérité, confiance, sécurité juridique et stabilité aux citoyens de tout le Campo de Gibraltar [dans la province de Cadix, en Andalousie] ».
Huit ans après le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le 23 juin 2016, et quatre ans après la sortie officielle du pays en 2020, les trois parties concernées négocient toujours le statut juridique de Gibraltar.
Pour les autorités espagnoles, Gibraltar est une colonie britannique en territoire espagnol qui devrait être retournée à Madrid. Pour Londres cependant, Gibraltar est un territoire britannique d’outre-mer d’une grande importance historique et stratégique, cédé au Royaume-Uni en 1713 via le Traité d’Utrecht et dont la population se considère comme britannique.
Selon les Nations unies, Gibraltar est un « territoire non autonome en attente de décolonisation », qui devrait avoir lieu par le biais de négociations bilatérales entre l’Espagne et le Royaume-Uni. Des négociations que les Nations unies n’ont de cesse de recommander depuis 1965.
Le principal point de désaccord porte sur l’utilisation de l’aéroport de Gibraltar et les contrôles douaniers à la frontière.
Selon les médias espagnols, la frontière entre l’Espagne et Gibraltar (connue sous le nom de « la verja », signifiant « la barrière ») est franchie chaque jour par quelque 15 000 travailleurs, la plupart d’entre eux étant des espagnols. Selon d’autres sources, ce chiffre avoisinerait les 30 000.
En attendant, les relations entre l’Espagne et Gibraltar fonctionnent sur la base d’arrangements ad hoc.
Détails de l’accord
Le projet d’accord entre l’Espagne et le Royaume-Uni envisage la suppression éventuelle de la barrière physique entre Gibraltar et la municipalité espagnole de La Línea de la Concepción, dans la province de Cadix, car ce qui est recherché, c’est la « liberté de circulation », ont souligné des sources diplomatiques espagnoles.
Environ 270 000 Espagnols vivent à Campo de Gibraltar, et une grande partie d’entre eux — estimée à 15 000 — se rend chaque jour en territoire britannique pour travailler. Gibraltar compte environ 33 000 habitants.
M. Albares a donné en début de semaine quelques indices sur le contenu de l’accord qui pourrait être annoncé jeudi à Bruxelles.
Lors d’une interview diffusée lundi (13 mai) par la chaîne de télévision publique Canal Sur, le ministre a assuré que le pacte avec Londres et Bruxelles comprend l’élimination « de la barrière physique, avec [des garanties] de libre circulation des personnes et des biens [au sein du Campo de Gibraltar], ce qui résoudra les malentendus et les problèmes de coexistence » entre les deux entités.
Le pacte avec le Royaume-Uni prévoit également l’utilisation conjointe de l’aéroport de Gibraltar par l’Espagne et le Royaume-Uni. Cependant, « par loyauté » envers les négociateurs, M. Albares a affirmé qu’il ne pouvait pas révéler plus de détails, « afin de ne pas gâcher la négociation ».
Il a toutefois précisé que « les vols en provenance de Madrid et de Barcelone pourront utiliser l’aéroport de Gibraltar, comme c’était le cas de 2006 à 2011 ».
L’accord n’envisage cependant pas de prendre en compte la revendication de longue date de l’Espagne sur la souveraineté de Gibraltar, mais le ministre ne cédera pas non plus sur ce point. « La position espagnole de revendication de la souveraineté ne changera pas, je veux que cela soit très clair », a déclaré M. Albares.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]