Gestion de la crise grecque : la Commission refuse d'être mise à l'amende

S'opposant aux conclusions du FMI, la Commission réfute "l'échec flagrant" du traitement administré au patient grec. Même observation du côté du président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi.

EURACTIV.fr
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S’opposant aux conclusions du FMI, la Commission réfute « l’échec flagrant » du traitement administré au patient grec. Même observation du côté du président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi.

Le Commission européenne ne se joint pas à l’exercice d’auto-critique du Fonds monétaire international à propos de la gestion de la dette grecque. 

Lorsque le plan d’aide à la Grèce a été approuvé, en 2010, par le FMI, la Commission et la Banque centrale européenne, il a été demandé à Athènes de réduire immédiatement son endettement et de mettre en place des réformes structurelles. Ces exigences ont constitué des « échecs flagrants » pour la Grèce, selon le FMI.

Le FMI reconnaît des « échecs flagrants » dans la gestion de la dette grecque

Au cours d’une conférence de presse, jeudi 6 juin 2013, le porte-parole de la Commission Simon O’Connor a été clair : « Le rapport (du FMI) estime qu’une restructuration de la dette dès 2010 aurait été souhaitable. Nous ne sommes absolument pas d’accord sur ce point. »

Risque de contagion à la zone euro

« Le rapport ignore l’interconnexion inhérente des Etats membres de la zone euro. La restructuration de la dette privée aurait certainement entraîné un risque de contagion systémique à ce stade », a-t-il ajouté.

« Elle aurait également ébranlé sérieusement le programme. Telle était la position unanime des Etats membres de la zone euro, et de fait des partenaires de la troïka quand le programme a été lancé. »

Interrogé sur ce sujet également jeudi, le président de la BCE Mario Draghi a relativisé la portée du rapport : « Nous voyons les erreurs d’hier avec les yeux d’aujourd’hui », a-t-il déclaré en rappelant qu’à l’époque, les risques de contagion à la zone euro étaient réels. « Nous devons reconnaître les progrès réalisés par la Grèce », « impensables », il y a quelques années. 

Futur de la troïka 

Interrogé sur les perspectives d’une future coopération avec le FMI après les critiques formulées par le rapport, le porte-parole de la Commission a répondu que ce dernier avait été préparé par les équipes du FMI et que le texte n’avait pas été endossé par son conseil d’administration.

« Soyons clair: la troïka est quelque chose qui n’existait pas il y a trois ans. C’est un processus d’apprentissage, nous avons affaire à des questions extrêmement complexes et difficiles, et nous subissons une immense pression de tous les côtés », a jugé Simon O’Connor.

« Nous avons des traditions différentes, des approches différentes sur bien des points; nous avons toujours réussi à aboutir à des conclusions intelligentes et constructives et à aller de l’avant. Je ne me hasarderai pas à des conclusions sur la nécessité ou non de modifier la façon dont nous travaillons ensemble sur la base de ce rapport. »