L’actu en capitales : Berlin dit «nein» à Macron
L’actu en capitales récapitule l’info de toute l’Europe, grâce au réseau de rédactions d’Euractiv.
L’actu en capitales récapitule l’info de toute l’Europe, grâce au réseau de rédactions d’Euractiv.
BERLIN
« Nein » au salaire minimum de Macron : Dans une tribune publiée dans Die Welt am Sonntag, Annegret Kramp-Karrenbauer, qui dirige la CDU, s’est opposée au salaire minimum européen, à l’européanisation des systèmes sociaux et à la communautarisation de la dette souveraine, idées proposées par Emmanuel Macron. Elle est par contre d’accord sur le principe de frontières externes sûres, qui passe par la finalisation de Schengen, et sur un siège européen au Conseil de sécurité de l’ONU.
L’Allemande propose par ailleurs de supprimer le siège strasbourgeois du Parlement européen et de ne plus exempter les fonctionnaires européens de l’impôt national sur le revenu.
Tensions croissantes avec Ankara : La Turquie a expulsé les correspondants de la télévision allemande ZDF et du Tagesspiegel après leur avoir refusé accréditations de presse et permis de résidence sans raison, selon le journal. Manfred Weber, le Spitzenkandidat pour le PPE, a indiqué que s’il devenait président de la Commission, il mettrait un terme aux négociations d’adhésion de la Turquie. (Claire Stam, Euractiv Allemagne)
BRUXELLES
De l’argent pour le climat : « Pourquoi n’imprimons-nous pas plus de monnaie ? Nous l’avons fait pour sauver les banques, nous devons aussi le faire pour sauver le climat », défend Bart Staes, eurodéputé vert, dans les pages de De Zondag. « La Cour des comptes estime que nous aurions besoin d’investir 1 115 milliards d’euros par an. Pourquoi ne pas créer une banque européenne pour le climat ? Elle pourrait financer des investissements et offrir des prêts sans intérêts aux entreprises et citoyens. »
De très nombreuses voix soutiennent un assouplissement quantitatif, assurent les verts. Cela permettrait aux banques centrales d’acheter des obligations émises par des entreprises ou des gouvernements qui ont l’intention de financer des investissements respectueux de l’environnement. La proposition a été critiquée par les partis conservateurs. L’ancien ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, a déclaré qu’une telle proposition « entraînerait inflation et instabilité financière ». (Alexandra Brzozowski, Euractiv)
LONDRES
Brexit ou pas Brexit ? Le Brexit n’aura peut-être pas lieu du tout si les députés conservateurs ne soutiennent pas les plans de Theresa May cette semaine, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt. « Nous avons maintenant l’occasion de partir le 29 mars, ou peu de temps après. Et il est très important que nous saisissions cette opportunité parce les gens qui essaient d’arrêter le Brexit progressent. » Les députés doivent voter à nouveau sur l’accord le 12 mars, après l’avoir rejeté en janvier.
Indépendance écossaise : Le Parti national écossais (SNP) compte demander un référendum sur l’indépendance de l’Écosse par rapport au Royaume-Uni après le Brexit. Le SNP déposera cette semaine des amendements à l’accord de Brexit qui permettraient l’organisation d’un deuxième vote sur l’indépendance écossaise. Lors du premier référendum, les Écossais avaient voté contre l’indépendance afin de pouvoir rester dans l’UE. Le Brexit change donc la donne.
« Le gouvernement écossais doit cesser d’utiliser le Brexit comme excuse pour poursuivre son programme d’indépendance non désiré », a réagi un porte-parole du gouvernement britannique. (Samuel Stolton, Euractiv)
MADRID
Puigdemont candidat aux européennes : Carles Puigdemont entend représenter le parti Junts per Catalunya (« Ensemble pour la Catalogne ») aux européennes afin d’« internationaliser le droit à l’autodétermination de la Catalogne ». Une décision symbolique, puisqu’en tant que non-résident espagnol il ne peut en réalité pas figurer sur les listes. Il s’est installé en Belgique pour échapper à la justice espagnole. (Beatriz Rios, Euractiv)
EFE s’associe à Google contre les infox : Google collaborera avec l’agence de presse internationale espagnole EFE pour l’aider à innover et à progresser dans le domaine des plateformes numériques de pointe. « L’alliance avec Google est cruciale […] les moteurs de recherche sont essentiels pour s’assurer que les médias peuvent être vus, lus et redirigés vers des sources d’information fiables », a expliqué Fernando Garea, Président d’EFE. (EuroEFE.EURACTIV.es/EPA)
BRATISLAVA
Fédération européenne : Mikuláš Dzurinda, ancien Premier ministre slovaque de centre droit (affilié PPE) qui a amené le pays dans l’UE en 2004, décrit les trois étapes de l’adhésion de la Slovaquie à l’UE : au début, la « joie aveugle », puis « un réveil et une crise économique » et actuellement une crise politique perpétuelle qui met en danger le projet européen. Pour lui, la solution est une « véritable fédération européenne basée sur le principe de subsidiarité ». (Zuzana Gabrižová, Euractiv Slovaquie)
SARAJEVO
Rassemblements racistes : Quelque 200 nationalistes serbes du mouvement Chetnik se sont réunis dans la ville bosniaque de Visegrád, qui marque la frontière entre la Serbie et la Bosnie, pour marquer l’anniversaire de l’arrestation de Draza Mihajlovic, fondateur du mouvement durant la Seconde Guerre mondiale, un criminel de guerre dont les atrocités commises pendant la guerre en Bosnie-Herzégovine dans les années 1990 ont marqué les esprits. Le rassemblement a été condamné par l’OSCE et la mission de l’UE dans la région. (Željko Trkanjec, Euractiv Croatia)
BELGRADE
Nouvel obstacle au dialogue : La plateforme de Priština pour les négociations avec Belgrade, adoptée par le parlement kosovar, prône une reconnaissance mutuelle du Kosovo et de la Serbie selon les frontières existantes, le respect des droits de la communauté albanaise en Serbie et la suppression de la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Le président serbe Aleksandar Vučić a déclaré que la création de cette plateforme revenait à une « décision de Priština d’arrêter le dialogue avec Belgrade ». En théorie, les deux capitales négocient actuellement un accord avec la médiation de l’UE, mais le dialogue est gelé. (Julija Simić, Euractiv Serbie)