Gérard Mestrallet :"Affirmer que la séparation patrimoniale fera baisser les prix est assurément faux"
A l’approche du Conseil énergie du 10 octobre, le PDG de GDF SUEZ fait le point, dans un entretien accordé à EURACTIV.fr, sur les grands enjeux du paquet énergie-climat, de la sécurité des approvisionnements énergétiques et du mix énergétique de l’Europe.
A l’approche du Conseil énergie du 10 octobre, le PDG de GDF SUEZ fait le point, dans un entretien accordé à EURACTIV.fr, sur les grands enjeux du paquet énergie-climat, de la sécurité des approvisionnements énergétiques et du mix énergétique de l’Europe.
« Affirmer que la séparation patrimoniale fera baisser les prix est assurément faux ». Sur l’un des sujets les plus polémiques pour les énergéticiens français, le PDG du nouveau géant de l’énergie mondial, GDF SUEZ, avance prudemment que « séparer les entreprises verticalement intégrées n’est pas réellement une nécessité ». Mais ajoute que lors du Conseil énergie du 10 octobre prochain, les ministres de l’énergie de l’UE réunis en Conseil devront « traduire en termes juridiques clairs et satisfaisants cette troisième option, dite de l’ITO (Independant Transmission Operator) ».
Autrement dit, pas question de choisir une autre option que cette « troisième voie » défendue par la France pour assurer une libre concurrence sur le marché intérieur de l’énergie. La question n’est pourtant pas si simple. Si les Français ont obtenu un accord au Conseil énergie du 6 juin dernier pour que la séparation patrimoniale (unbundling en anglais) des opérateurs verticalement intégrés soit facultative dans les différents pays d’Europe (EURACTIV.fr 09/06/08), le Parlement européen s’est prononcé pour l’unbundling de propriété stricte pour l’électricité (EURACTIV.fr 23/06/08).
Or selon Gérard Mestrallet, conserver des groupes de « taille critique » sera « déterminant dans le secteur énergétique de demain, où des investissements colossaux seront nécessaires sur le long terme pour répondre aux multiples besoins et satisfaire la demande.» A noter que la fusion de Suez et GDF fait du groupe le 3ème énergéticien européen, derrière l’Allemand E.ON et le Français EDF.
Afin de renforcer l’intégration du marché européen de l’énergie, le PDG de cette nouvelle entité estime en outre avant tout nécessaire d’optimiser le parc de production électrique et les échanges transfrontaliers électriques et gaziers au niveau régional. La question des interconnexions électriques en Europe est l’une des mesures phares du paquet énergie-climat que la France espère voir adopter avant la fin de sa Présidence.
Insistant sur la nécessité de ne pas privilégier une énergie en particulier dans la mise en place d’un mix énergétique au niveau européen, il souligne également l’importance pour l’Europe de sécuriser ses importations d’énergie en créant une « diplomatie géo-économique », particulièrement en ce qui concerne le gaz. « 70% des ressources de gaz sont situées dans les pays de l’ex-URSS et au Moyen-Orient. Le pouvoir de négociation du bloc européen doit s’ajouter à celui des États membres aujourd’hui trop dispersé et compléter, sans s’y substituer, les négociations des entreprises », estime-t-il.
S’il considère que les prix de l’énergie vont rester « à un niveau élevé », Gérard Mestrallet indique également que les tarifs réglementés de l’électricité doivent refléter l’intégralité des coûts supportés par l’entreprise. « Maintenir des prix artificiellement bas est contraire à l’objectif visant à éviter les gaspillages ».
Pour lire l’interview dans son intégralité, cliquer ici.