Géorgie : près de 200 ONG veulent refuser d’obéir à la loi polémique sur l’« influence étrangère »
Près de 200 ONG géorgiennes ont annoncé mercredi (29 mai) qu’elles refusaient d’obéir à la loi sur l’«influence étrangère », adoptée la veille à l’initiative du parti au pouvoir, le Rêve géorgien, malgré des protestations de masse dans ce pays du Caucase.
Près de 200 ONG géorgiennes ont annoncé mercredi (29 mai) qu’elles refusaient d’obéir à la loi sur l’«influence étrangère », adoptée la veille à l’initiative du parti au pouvoir, le Rêve géorgien, malgré des protestations de masse dans ce pays du Caucase.
Le Rêve géorgien avait annoncé début avril le retour d’un projet de loi sur les « agents étrangers » dont une première mouture avait été abandonnée après des protestations ayant rassemblé des dizaines de milliers de personnes à Tbilissi en mars 2023.
Les détracteurs de ce texte estiment qu’il est calqué sur une loi russe utilisée pour faire taire les critiques du pouvoir.
Malgré l’opposition à la loi au niveau national et dans l’UE, le texte a été adopté mardi (28 mai) par le parlement géorgien (84 voix pour) après que le véto de la présidente pro-UE du pays, Salomé Zourabichvili, a été contourné.
Mais les ONG ne s’avouent pas vaincues pour autant.
« La loi russe ne marchera pas dans notre pays et restera une feuille de papier vide à laquelle personne n’obéira », ont affirmé plusieurs ONG dans un communiqué commun.
La loi impose aux ONG ou médias recevant plus de 20 % de leur financement de l’étranger de s’enregistrer en tant qu’« organisation poursuivant les intérêts d’une puissance étrangère » et de se soumettre à un strict contrôle administratif.
Plusieurs ONG, parmi lesquelles la branche géorgienne de Transparency International, ont indiqué à l’AFP s’attendre à ce que leurs actifs soient gelés et leur travail entravé après l’entrée en vigueur de la loi.
Dans leur communiqué, les ONG ont affirmé que cette loi « met en danger la surveillance des élections » législatives prévues en Géorgie en octobre.
« Mais nous, autres organisations civiles géorgiennes, promettons de défendre les élections et les voix de chaque électeur », ont-elles souligné.
Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a dit mardi « profondément regretter » l’adoption définitive de la loi, appelant ce pays du Caucase à « revenir fermement sur la voie de l’UE ».
Washington, par la voix du porte-parole du département d’État, a aussi « condamné » un vote ignorant « les aspirations euroatlantiques du peuple géorgien ».
Bien que la Géorgie soit officiellement candidate à l’adhésion à l’UE depuis décembre 2023, et que le Rêve géorgien soutienne formellement l’objectif inscrit dans la Constitution de rejoindre un jour l’UE et l’OTAN, ce parti, au pouvoir depuis 2012, a multiplié les mesures qui selon ses détracteurs rapprochent le pays de Moscou.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]