Géci-Sherifi: l’adhésion aux Nations Unies, prochaine étape pour le Kosovo

La décision de la Cour internationale de justice (CIJ) en faveur de la déclaration d’indépendance du Kosovo ouvre la voie à davantage de reconnaissances et au bout du compte à l’adhésion à l’UE et aux Nations unies, a confié ShkendijeGéci Sherifi, ambassadrice du Kosovo en Hongrie, à EURACTIV.hu dans un entretien.

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La décision de la Cour internationale de justice (CIJ) en faveur de la déclaration d’indépendance du Kosovo ouvre la voie à davantage de reconnaissances et au bout du compte à l’adhésion à l’UE et aux Nations unies, a confié ShkendijeGéci Sherifi, ambassadrice du Kosovo en Hongrie, à EURACTIV.hu dans un entretien.

La cour des Nations Unies a publié sa décision, qui n’a pas d’effet contraignant, ce 22 juillet, estimant que le Kosovo n’a pas violé le droit international lorsqu’il a déclaré sa sécession de la Serbie en février 2008  (EURACTIV 23/07/10).

L’ambassadeur a déclaré que la décision de la CIJ prouve que le Kosovo n’a pas enfreint le droit international et a le droit légitime de devenir un Etat ; et qu’elle espère une nouvelle vague de reconnaissance par les pays qui ne l’ont pas encore fait.

La décision de la CIJ va ouvrir une nouvelle voie pour le Kosovo. De nombreux Etats qui étaient réticents à reconnaître le Kosovo parce qu’ils pensaient que notre indépendance était en contradiction avec le droit international peuvent désormais revenir sur leurs positions, a dit la diplomate.

Alors qu’elle est optimiste sur le fait que l’UE va adopter une position plus unifiée sur la question, elle a confirmé que le Kosovo entreprendrait désormais des pas diplomatiques afin de tenter de persuader le reste des pays de l’UE – Chypre, Grèce, Roumanie, Slovaquie et Espagne – de formellement reconnaître son indépendance.

Nous fournissons beaucoup d’efforts pour convaincre ces Etats que le Kosovo ne va pas créer un précédent. C’est un cas sui generis, avec des circonstances historiques et politiques très spécifiques. Ces Etats membres qui ne nous ont pas encore reconnu jusqu’à présent ont des problèmes internes, ils pensent par conséquent que la reconnaissance du Kosovo va réfléchir négativement dans leur domaine politique interne. Nous leur dirons que tel n’est pas le cas et que la décision de la CIJ l'a prouvé davantage, a-t-elle dit.

Réaffirmant que le but ultime du Kosovo est l’intégration européenne, Géci Sherifi perçoit l’adhésion aux Nations Unies comme le prochain pas dans sa tentative de devenir un pays à part entière et reconnu de manière internationale.

Une fois que nous aurons obtenu un plus grand nombre de reconnaissances, nous espérons devenir membre des Nations Unies. Si la majorité des nations ayant un siège à l’Assemblée générale des Nations Unies reconnaissent le Kosovo en tant qu’Etat indépendant, alors on peut soutenir que la résistance du Conseil de Sécurité ne sera plus pertinente, a-t-elle dit, faisant référence aux positions anti-reconnaissance de la Russie et de la Chine, membres du Conseil de Sécurité.

Le Kosovo ne va pas générer de règle du précédent

Interrogée pour savoir si la décision de la CIJ allait conduire à des tentatives similaires par des mouvements séparatistes à travers le monde – tels que l’Abkhazie ou l’Ossétie du sud en Géorgie – pour réclamer leur propre indépendance, Mme Géci-Sherifi a rejeté cette idée et a déclaré que le Kosovo ne soutiendrait pas de tels mouvements.

Je ne pense pas que nous pouvons établir un parallèle entre le Kosovo et la Géorgie (…). Pour nous il était important de prouver que notre pas n’était pas contraire au droit international. N’importe quelle personne qui a un minimum de connaissances sur la question sait que le cas du Kosovo est entouré de circonstances historiques et politiques spécifiques, a déclaré la diplomate.

Bien entendu, nous ne soutiendrons pas les mouvements séparatistes, parce que nous sommes aussi en accord avec le droit international. Je suis sure à 100% que le Kosovo ne va pas créer de précédent, a-t-elle ajouté.

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