Gaza : l'UE intime à l'armée israélienne de « cesser » de tuer des civils cherchant de l'aide

Selon la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, « toutes les options » sont sur la table, si Israël ne respecte pas ses engagements.

[EPA/MOHAMMED SABER]

L’armée israélienne « doit cesser » de tuer des civils palestiniens se rassemblant aux points de distribution d’aide humanitaire à Gaza, a affirmé mardi la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas.

« J’ai clairement indiqué que l’armée israélienne devait cesser de tuer des personnes aux points de distribution » d’aide humanitaire, a-t-elle déclaré sur X, après un entretien avec le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar.

Tuer des civils cherchant de l’aide à Gaza « est indéfendable », a insisté la responsable estonienne.

L’Union européenne a annoncé il y a deux semaines avoir conclu un accord avec Israël sur une amélioration des livraisons d’aide humanitaire à Gaza.

« Israël a respecté certains engagements, comme je l’ai déjà indiqué la semaine dernière, mais il est clair qu’il reste encore beaucoup à faire », a souligné mardi un porte-parole du service diplomatique de l’UE, Anouar El Anouni, soulignant que Kaja Kallas « maintenait la pression » auprès d’Israël.

Kaja Kallas a précisé sur X avoir rappelé mardi au ministre israélien que « toutes les options restaient sur la table » si Israël ne respectait pas ses engagements.

Un rapport de la Commission européenne, présenté fin juin aux Vingt-Sept, estime qu’Israël a violé l’article 2 de l’accord d’association qui l’unit à l’UE, en matière de respect des droits de l’homme.

En conséquence, Kaja Kallas a préparé une liste d’options possibles pour les 27 : suspension de l’accord tout entier, interdiction des exportations en provenance des territoires palestiniens occupés, révision de la politique de visas ou encore suspension de la partie commerciale de l’accord d’association.

Toute décision requiert l’unanimité des 27 pays membres, ou la majorité qualifiée s’il s’agit de la partie commerciale de l’accord.

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE, très divisés sur le sujet, ont préféré renvoyer à plus tard toute décision, lors d’une réunion à Bruxelles le 15 juillet. Ils doivent se retrouver fin août pour une réunion informelle à Copenhague, capitale du Danemark qui vient de prendre la présidence semestrielle de l’UE.