Garanties de sécurité pour l’Ukraine : les Européens avancent sur une proposition

Les Européens se rapprochent peu à peu d’un cadre de garanties de sécurité pour l’Ukraine après que Donald Trump a laissé entendre que les États-Unis pourraient maintenir une « présence » en Ukraine après la guerre, même si les détails restent flous.

EURACTIV.com
[Consilium]

Le sommet de lundi 18 août à la Maison-Blanche entre les présidents américain et ukrainien Donald Trump et Volodymyr Zelensky ainsi que six dirigeants européens a abouti à un engagement plus clair des États-Unis, bien qu’aux contours flous, à soutenir la sécurité de l’Ukraine une fois la paix restaurée.

Le lendemain, les dirigeants des 27 États membres de l’UE, puis les membres de la Coalition des volontaires, ont été informés par vidéoconférence des discussions qui se sont tenues à Washington.

« Le moment est venu d’accélérer nos travaux pratiques afin de mettre en place une garantie [pour l’Ukraine] similaire à l’article 5 de l’OTAN [clause de défense mutuelle, NDLR], avec un engagement continu des États-Unis », a indiqué le président du Conseil européen, António Costa, aux dirigeants de l’UE lors de la réunion qui s’est tenue mardi 19 août.

Élaboration d’un cadre

Selon plusieurs responsables européens, les négociateurs vont désormais s’attacher à définir un projet qui pourrait servir de base à une future rencontre entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine.

Des sources au fait des discussions déclarent que les conseillers à la sécurité nationale des pays participants espèrent disposer d’un cadre général dès la semaine prochaine, avant un nouvel échange avec Donald Trump.

À l’issue de la réunion de la Coalition des volontaires, Londres a confirmé que ses équipes se réuniraient rapidement avec leurs homologues américains « dans les prochains jours afin de renforcer encore les plans visant à fournir des garanties de sécurité solides ».

Un consensus se dessine autour de trois points : doter l’armée ukrainienne de moyens conséquents, sans restriction de taille ; mettre en place une « force de réassurance » multinationale après un cessez-le-feu ; et obtenir une forme de soutien des États-Unis.

Les dirigeants de l’UE ont également exprimé leur soutien à des engagements similaires à ceux offerts aux membres de l’OTAN. Les responsables américains évoquent des « protections similaires à celles de l’article 5 ». Toutefois, le niveau de protection qu’atteindrait la défense mutuelle pour l’Ukraine sans rejoindre toutefois l’OTAN reste flou.

Ils ont aussi reconnu que la mise au point des détails nécessiterait des négociations laborieuses.

Les responsables européens notent un changement subtil, mais révélateur dans le discours de Donald Trump : il est passé d’une simple « coordination » à une « présence des États-Unis ».

S’exprimant mardi matin à l’issue des réunions à la Maison-Blanche, Donald Trump a confié à Fox News que les forces américaines pourraient aider les alliés de l’Ukraine à dissuader de futures attaques russes.

« En matière de sécurité, [les Européens] sont prêts à envoyer des troupes sur le terrain », a expliqué le Républicain, ajoutant que l’Europe les « équiperait ».

« Nous sommes prêts à les aider, notamment en matière de transport aérien, car personne ne dispose de ce dont nous disposons », a-t-il ajouté, indiquant que Washington pourrait se concentrer sur les éléments de défense aérienne dans le cadre de ces plans.

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l’UE, qui se réuniront de manière informelle à Copenhague la semaine prochaine, devraient discuter des garanties de sécurité, a déclaré la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.

« L’UE contribuera à ces garanties de sécurité, notamment par la formation des soldats ukrainiens et le renforcement des forces armées et de l’industrie de défense de l’Ukraine », a-t-elle détaillé.

Maintenir la pression sur Poutine

Le calendrier reste l’un des principaux points d’achoppement. Les responsables politiques espèrent que le cadre sera prêt avant une éventuelle rencontre entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, qui pourrait avoir lieu dans deux à trois semaines.

Lors des discussions de lundi à la Maison-Blanche, plusieurs dirigeants européens ont fait valoir à la partie américaine que tout refus de la Russie de participer à une telle réunion — ou toute absence de progrès — devrait déclencher une nouvelle série de sanctions.

« Que l’on parle de cessez-le-feu ou de trêve, cela importe peu ; ce qui compte, c’est que nous maintenions la pression par le biais de sanctions si la Russie ne se conforme pas », a fait savoir António Costa aux dirigeants européens.

La Commission européenne a indiqué que le prochain train de mesures contre Moscou — le 19ᵉ — pourrait être prêt début septembre, si nécessaire.

(asg)