G8 : L'UE vise un accord sur les économies d'énergie [FR]

Le président de la Commission a présenté les objectifs de l'UE en matière d'efficacité énergétique et de changement climatique pour le sommet du G8 du 6 au 8 juin 2007, commentant la tension croissante entre l'UE et la Russie à l'issue du sommet glacial de mi-mai.

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Le président de la Commission a présenté les objectifs de l’UE en matière d’efficacité énergétique et de changement climatique pour le sommet du G8 du 6 au 8 juin 2007, commentant la tension croissante entre l’UE et la Russie à l’issue du sommet glacial de mi-mai.

S’exprimant le 24 mai 2007, le président Barroso a déclaré qu’il espérait convaincre les Etats-Unis, la Russie ainsi que d’autres grands pays industrialisés d’approuver lors de ce sommet de Heiligendamm les propositions de l’UE au sujet d’un accord international portant sur l’efficacité énergétique.

Lors de la conférence à Bruxelles, organisée par l’Institut français des relations internationales (IFRI), le président Barroso a indiqué : « Pour le volet énergétique, je souhaite que la déclaration finale du G-8 avalise la proposition, émise par l’Union européenne, d’un accord international sur l’efficacité énergétique. Je souhaite qu’elle annonce l’instauration de labels d’efficacité énergétique pour les nouveaux véhicules automobiles ».

Il a déclaré que l’UE « soutiendrait les efforts nationaux et internationaux » en matière de capture de carbone et de technologie de stockage, « notamment en vue de garantir la sécurité du stockage et la dotation du nécessaire cadre juridique ».

  • Accord post-Kyoto

Le président Barroso a également formulé le voeu que cette rencontre de Heiligendamm constitue « un jalon important sur la voie d’une solution mondiale au problème du changement climatique », précisant qu’un « signal » au sommet du G8 « pourrait ouvrir la voie à de nouvelles avancées avant la fin de l’année », au sommet des Nations Unies sur le climat qui aura lieu à Bali (Indonésie) en décembre 2007.

Il a déclaré, faisant référence à la conférence des Nations Unies sur le climat de 2009 à Copenhague : « Bali ouvrira – je l’espère – les négociations en vue d’un accord mondial complet « post-2012″. Il faut parvenir rapidement à un accord international, si possible d’ici à 2009 ».

Il a précisé : « Le changement climatique appelle une réponse collective, un accord global. Cet accord global pourrait contenir plusieurs volets-clés: recours aux mécanismes du marché, avec établissement de connexions entre différents marchés; recours aux technologies, y compris les transferts de technologies; investissement public; recherche et développement; et politique commerciale – entre autres ».

  • Relations énergétiques avec la Russie

Interrogé par les intervenants de l’IFRI, appelant ses commentaires sur l’état des relations de l’UE avec la Russie, Barroso a admis qu’elles traversaient une « phase difficile », regrettant que le débat énergétique se soit « politisé ».

Il a expliqué : « Nous en souhaitons pas une politisation [des relations énergétiques UE-Russie]. Mais en vérité, elles se sont politisées. C’est la raison pour laquelle nous insistons tellement sur le marché. Si nous appliquons les règles du marché, il n’y aura pas de politisation ».

« Pour faire simple, nous avons besoin de son gaz et de son pétrole, elle a besoin de notre marché. Cette interdépendance est profitable à tous, aussi longtemps que les relartions énéergétiques sont du ressort du marché et non un échiquier géopolitique ».

Mettant l’accent sur l’aspect positif du sommet UE-Russie du 18 mai plutôt glacial, le président Barroso a mentionné « l’acceptation par le gouvernement russe du principe d’un dialogue structuré sur les investissements énergétiques » et les discussions visant à mettre en place un mécanisme d’alerte précoce en cas de rupture d’approvisionnement vers l’Europe ».

  • « Géopolitique de la viande polonaise »

Le président de la Commission a toutefois jeté le blâme sur la Russie pour les conflits incessants avec les anciennes républiques soviétiques ayant récemment rejoint l’UE.

« Une fois encore, ce n’est pas l’UE qui a créé le problème du gazoduc de Droujba avec la Lituanie! Nous disons aux Russes que nous sommes en mesure de le réparer, que nous pouvons le financer, mais rien ne se passe ».

Il en va de même pour l’embargo russe sur la viande polonaise qui retarde depuis fin 2005 le démarrage des négociations entre la Russie et l’UE sur un accord de partenariat et de coopération élargi : « Nous avons évalué la situation des exportations de viande polonaise de manière très objective. Selon nous, cet embargo n’est pas fondé. C’est une discrimination que nous ne percevons pas comme juste. Et nous espérons que la Russie va résoudre ce problème ».

Le président Barroso a mis en avant le fait que la Russie importait de la viande d’autres pays qui n’avaient pas accès au marché européen pour des raisons sanitaires : « Nous avons les normes de protection des consommateurs les plus strictes du monde. Nous n’autorisons la circulation de la viande polonaise en Europe qu’à condition qu’elle réponde aux normes les plus sévères. Nous ne voyons donc pas pourquoi ce type de discriminaton est appliquée à l’égard d’un Etat membre de l’UE ».