Futurs élargissements : la question de la 'capacité d'absorption' de l'UE [FR]
Un débat se profile à l'horizon sur la question de savoir si le programme d'élargissement consolidé de l'UE pourrait désormais dépendre de la 'capacité d'absorption' de l'Union européenne.
Un débat se profile à l’horizon sur la question de savoir si le programme d’élargissement consolidé de l’UE pourrait désormais dépendre de la ‘capacité d’absorption’ de l’Union européenne.
Selon le Premier ministre bavarois, Edmund Stoiber, le « critère décisif » pour le futur élargissement de l’UE « doit être la capacité d’absorption de l’UE. » M. Stoiber est le dirigeant de l’influent parti bavarois conservateur de l’Union sociale chrétienne (CSU), qui fait partie de la grande coalition de l’actuel gouvernement allemand.
Lors d’un entretien radiophonique, M. Stoiber a cité l’exemple de la Turquie pour étayer son point de vue. Selon lui, le fait qu’Ankara remplisse les critères d’adhésion, connus sous le nom de « critères de Copenhague » et fixés par l’UE pour tous les pays candidats, ne sera pas suffisant. « Au contraire, ce qui doit être décisif, c’est de savoir si l’UE a la capacité d’absorber la Turquie », a-t-il déclaré.
A partir de ces considérations, M. Stoiber a suggéré que l’UE marque une pause dans son processus d’élargissement après l’adhésion de la Bulgarie, de la Croatie et de la Roumanie.
Cependant, à ce jour, le « critère décisif » sur les questions de l’élargissement de l’UE est censé être l’état de préparation et la capacité des pays candidats à remplir les critères d’adhésion de l’UE : « L’adhésion requiert de la part du pays candidat qu’il ait des institutions stables garantissant la démocratie, la primauté du droit, les droits de l’homme, le respect des minorités et leur protection, l’existence d’une économie de marché viable et la capacité de supporter la pression de la concurrence et les forces du marché à l’intérieur de l’Union. L’adhésion présuppose la capacité du pays candidat à en assumer les obligations, et notamment de souscrire aux objectifs de l’union politique, économique et monétaire. »
Bien qu’elle ne soit pas encore définie, la « capacité d’absorption » semble désormais faire partie des critères de Copenhague en elle-même.
En vertu de l’article 49 des traités européens, tout pays européen qui respecte et applique les valeurs européennes (démocratie, droits de l’homme, primauté du droit et libertés fondamentales) peut présenter une candidature d’adhésion à l’UE. Même si celle-ci n’est pas automatiquement acceptée, elle laisse clairement un droit d’initiative avec les Etats intéressés.
Lors de la récente réunion qui s’est tenue à Salzbourg, les ministres européens des affaires étrangères ont décidé qu’à l’avenir, la capacité d’absorption de l’UE jouerait un rôle plus important dans les décisions relatives à l’élargissement. Par ailleurs, la chancelière allemande, Angela Merkel, a elle-même soulevé la question également floue des « partenariats privilégiés » comme une option qui ne doit pas être exclue des négociations entre l’UE et les pays des Balkans occidentaux.