Füle met en garde contre des divergences avec l'Ukraine et la Turquie

L'Union européenne ne devrait pas réduire la portée de la coopération politique étrangère avec la Turquie et l'Ukraine, ces pays ayant fait part d'une volonté de mener leurs politiques extérieures pas nécessairement en accord avec celle de l'UE, a confié le commissaire à la politique de voisinage Štefan Füle à EURACTIV dans un entretien exclusif

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L'Union européenne ne devrait pas réduire la portée de la coopération politique étrangère avec la Turquie et l'Ukraine, ces pays ayant fait part d'une volonté de mener leurs politiques extérieures pas nécessairement en accord avec celle de l'UE, a confié le commissaire à la politique de voisinage Štefan Füle à EURACTIV dans un entretien exclusif

Le nouveau gouvernement ukrainien, dirigé par le président Viktor Yanukovich, a informé Bruxelles qu’il n’y aurait plus d’alignement automatique de l’Ukraine par rapport aux positions de l’UE, a divulgué Füle.

Il y a quelques jours, le représentant permanent à l’UE de la Fédération russe Vladimir Chizhov a dit à la presse bruxelloise que les intérêts ukrainiens pourraient être représentés par la Russie au sommet du G8. Le mois passé, le ministre des affaires étrangères ukrainien Kostyantyn Hryshchenko a soutenu devant le parlement de son pays que le fait d’être représenté par la Russie aux sommets internationaux serait dans les intérêts de l’Ukraine (EURACTIV 28/06/10).

Quant à la Turquie, le commissaire a mis en avance que le pays avait atteint une importance régionale considérable ces derniers mois.

Si vous regardez la politique étrangère turque, celle-ci prend de l’ampleur encore plus rapidement que l’expansion du réseau global de Turkish Airlines, a dit M. Füle.

En effet, la Turquie est récemment devenue très confiante vis-à-vis d’Israël, en menant par exemple l’opération « Cast Lead » contre le Hamas, une action lancée en décembre 2008, et particulièrement suite au récent carnage déclenché par l’interception d’une flottille financée par la Turquie, transportant de l’aide et des activistes pro-palestiniens vers la bande de Gaza (EURACTIV 31/05/10).

La Turquie a également une politique de rapprochement avec l’Iran, perçue par beaucoup comme étant contreproductive aux efforts européens pour convaincre Téhéran qu’il devrait renoncer à son programme d’armes nucléaires (EURACTIV 17/11/09).

M. Füle, qui est responsable des relations entre l’UE et la Turquie en tant que pays candidat ainsi que des relations avec l’Ukraine sous la politique de voisinage, a dit que plus d’efforts devraient être mis en œuvre pour coordonner les opinions sur les affaires mondiales.

Je pense qu’il serait dans l’avantage commun ainsi que dans notre intérêt de trouver une manière d’interagir qui ne soulèverait pas d’autres questions mais trouverait des réponses aux défis communs.  C’est une opportunité qui doit être saisie, a-t-il affirmé en ce qui concerne la Turquie.

Concernant l’Ukraine, le commissaire a dit qu’il espérait que son désir de poursuivre une politique étrangère qui ne sera pas nécessairement alignée à la politique étrangère et de sécurité commune européenne leur ouvrirait une voie pour qu’ils puissent se pencher sur ces questions afin qu’au final, si leurs positions ne sont pas identiques, elles soient au moins aussi similaires que possible, au lieu de restreindre le panel de la coopération de politique étrangère.

Questionné pour savoir si de nouvelles formules telles qu'un "G20 européen" aideraient à résoudre les divergences entre l’UE et la Russie, d’une part, et entre la Turquie et l’Ukraine d’autre part, il a semblé indiquer que cette idée avait du potentiel.

L’UE examinera les arrangements contractuels avec ses voisins, les pays candidats et les partenaires stratégiques au-delà du cadre institutionnel actuel, et tentera de l’adresser à travers un G- peu importe  le nombre. Je pense que ce serait dans l’esprit de partager les meilleures expériences, a dit M. Füle.

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici.