Fuite d’appel à Bruxelles : la Commission invoque ses règles pour faire retirer l'enregistrement sur YouTube
Cet enregistrement divulgué n'a pas suscité de controverse, mais a fait craindre une écoute illicite dans les médias bruxellois et les milieux diplomatiques de l'UE
La Commission européenne a demandé à YouTube de retirer un enregistrement divulgué d’une conversation entre un haut fonctionnaire et un journaliste basé à Bruxelles, en invoquant le règlement européen sur les services numériques, a annoncé jeudi un porte-parole.
Cet appel divulgué, qui est apparu sur la plateforme au début du mois de mars, ne présentait aucun contenu controversé, mais a été visionné plus de 5 000 fois et a suscité des craintes d’interception ou de logiciels espions dans les milieux médiatiques bruxellois et au sein de la communauté diplomatique de l’UE.
« La Commission, en tant qu’utilisateur concerné, a contacté la plateforme pour demander le retrait du contenu », a déclaré Thomas Regnier, porte-parole de la Commission.
Elle a agi en vertu du règlement sur les services numériques (DSA), qui permet aux utilisateurs – en vertu de l’article 16 – de signaler des contenus illégaux pour examen, obligeant les plateformes à agir sans retard injustifié.
« Cette plateforme s’est montrée très coopérative, et la vidéo a été retirée », a ajouté Regnier. Le lien vers la vidéo renvoie désormais à un message indiquant que le contenu n’est pas disponible à la suite d’une plainte relative à la vie privée déposée par un tiers.
« Nous avons rapidement supprimé la vidéo signalée après avoir reçu une plainte valable relative à la vie privée, conformément à nos politiques », a indiqué un porte-parole de YouTube.
Sécurité interne
La Commission a également souligné qu’il existait des « incohérences » entre l’enregistrement en ligne et la même conversation trouvée sur le téléphone du haut fonctionnaire, sans toutefois donner plus de précisions.
Un contrôle de sécurité interne n’a par ailleurs révélé aucune irrégularité ni aucune trace de tentative de piratage sur le téléphone du fonctionnaire.
De même, un courriel interne adressé aux employés du média bruxellois Politico, où travaille le journaliste, indiquait qu’il n’y avait aucune indication d’actes répréhensibles.
« Nos examens internes n’ont trouvé aucune preuve que des appareils, des réseaux ou des systèmes aient été compromis », ont écrit trois dirigeants de Politico dans l’e-mail.
L’article a été mis à jour avec un commentaire de YouTube.
Anupriya Datta a contribué à cet article.
(mm)