Fronde de onze pays pour limiter la hausse du budget de l’UE
Dans une lettre au président du Conseil européen Herman Van Rompuy, onze pays de l’UE font part, vendredi 29 octobre, de leur refus d’augmenter le budget de l’UE de 6% pour 2011.
Dans une lettre au président du Conseil européen Herman Van Rompuy, onze pays de l’UE font part, vendredi 29 octobre, de leur refus d’augmenter le budget de l’UE de 6% pour 2011.
Il est hors de question d’accepter une hausse de 6% du budget européen 2011. Dans un projet de lettre conjointe, adressée au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, le 29 octobre, les dirigeants de onze pays contestent ce souhait de la Commission et du Parlement européen. «Ces propositions sont inacceptables, spécialement à un moment où nous devons prendre des décisions nationales difficiles, afin de contrôler les dépenses publiques», fustigent les auteurs dans un communiqué.
C’est le premier ministre britannique qui a mené la fronde contre une augmentation budgétaire trop importante. Dès son arrivée au sommet, David Cameron a dénnoncé la hausse envisagée. Quelques heures après, un accord entre le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France était conclu sur le sujet. Avant que les trois dirigeants ne rallient d’autres États, pour former un groupe de onze pays.
Conciliation
Les signataires de la lettre exigent que le budget 2011 se limite à une augmentation des crédits de paiement de 2,91%. Un chiffre déjà adopté au mois d’août par le Conseil. «Il est clair que nous ne pouvons pas accepter plus que cela», indique le texte.
Mais il ne suffit pas aux États européens d’exiger une limitation budgétaire. Depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le Parlement est co-législateur dans ce domaine. «Nous sommes en pleine procédure de conciliation, les États ne décident pas tout seuls», persifle un haut fonctionnaire européen.
Plusieurs sources européennes ont rapporté qu’après avoir prononcé sa traditionnelle allocution devant les dirigeants, le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, avait été sérieusement attaqué par David Cameron.
M. Buzek espère voir les négociations clôturées d’ici trois semaines. «Nous sommes prêts à entendre qu’un budget modéré est nécessaire, mais il est nécessaire d’ouvrir les discussions sur le financement des futures politiques européennes», a déclaré le chef de file des eurodéputés au cours d’une conférence de presse.
Depuis plusieurs semaines, les élus sont prêts à céder sur l’augmentation du budget européen pour 2011, à condition que les dirigeants européens ouvrent un débat sur la mise en place de taxes pour financer l’UE.