Friedrich Merz élu chancelier par le Bundestag au second tour
Friedrich Merz a été élu chancelier par le parlement allemand mardi 6 mai dans l'après-midi, après avoir échoué à obtenir la majorité nécessaire au premier tour plus tôt dans la journée.
Friedrich Merz a été élu chancelier par le parlement allemand (Bundestag) mardi 6 mai dans l’après-midi, après avoir échoué à obtenir la majorité nécessaire au premier tour plus tôt dans la journée.
325 des 630 députés de la chambre basse du parlement allemand ont voté pour le président de l’Union-chrétienne démocrate (CDU). 289 ont voté contre lui, tandis qu’un député s’est abstenu. Friedrich Merz avait besoin de 316 voix pour obtenir la majorité.
Plus tôt dans la journée, il avait subi un revers historique au premier tour en ne parvenant pas à recueillir la majorité nécessaire pour être élu, malgré que sa coalition — qui comprend la CDU, son parti frère bavarois, l’Union chrétienne-sociale (CSU) et les sociaux-démocrates (SPD) — dispose de 328 sièges.
Pour que le second tour puisse être organisé le même jour que le premier, une majorité des deux tiers de l’hémicycle devait voter en faveur d’une dérogation au règlement intérieur du parlement. La future coalition CDU/CSU-SPD n’atteignait pas ce seuil à elle seule, mais elle a obtenu le soutien de deux partis d’opposition de gauche.
Plus tard dans la journée, le cabinet Merz devrait prêter serment, après quoi l’ancien chancelier, Olaf Scholz (SPD), remettra officiellement la chancellerie à Friedrich Merz. Olaf Scholz avait officiellement quitté ses fonctions lundi 5 mai dans la soirée.
Le bloc de centre-droit avait remporté les élections nationales fin février, devant l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite, et le Parti social-démocrate d’Olaf Scholz. La CDU, la CSU et le SPD ont ensuite mené des négociations pour la formation d’une coalition, qui se sont conclues le mois dernier par un accord.
Cette élection couronne le retour politique inattendu de Friedrich Merz, qui s’était retiré de la vie politique active en 2009 pour travailler dans le secteur privé.
Tout comme pour son élection à la chancellerie, son retour sur le devant de la scène politique n’a pas été immédiat. Il a échoué à deux reprises dans sa tentative de prendre la tête de la CDU, avant d’y parvenir en 2022, à la suite de la défaite historique du parti aux élections, après seize ans au pouvoir.
À 69 ans, Friedrich Merz devient le chancelier le plus âgé à prendre ses fonctions depuis Konrad Adenauer (CDU), investi à l’âge de 76 ans.
Les défis qui attendent le chancelier
Le faux départ de mardi illustre la fragilité du dirigeant chrétien-démocrate et de la coalition avec laquelle il entend gouverner pour quatre ans la première économie européenne, dans un monde en plein chamboulement géopolitique et sous pression à la fois de l’administration Trump et sur le plan intérieur d’une extrême droite en plein essor.
Après la crise politique ouverte par la chute du gouvernement Scholz en novembre, Friedrich Merz a alimenté les attentes en promettant de relancer son pays, en crise économique, et l’Europe.
Déjà peu populaire dans l’opinion, il est contesté dans ses propres rangs conservateurs pour être revenu sur un engagement de campagne : il a récemment assoupli les règles nationales très strictes de dépenses budgétaires.
Un revirement justifié par les besoins de financement du vaste programme de réarmement du pays, face à la menace russe et celle d’un désengagement militaire américain du continent européen, et de modernisation du pays.
Allemagne : Friedrich Merz échoue à être élu chancelier au premier tour
Cet article a été mis à jour avec de nouvelles informations concernant le second vote.…
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]