Frattini : l’Europe doit affirmer son identité religieuse [FR]
L’Europe doit revendiquer son identité religieuse si elle veut faire face aux défis de la mondialisation et de l’immigration, a affirmé hier (26 janvier) Franco Frattini, ministre italien des Affaires étrangères.
L’Europe doit revendiquer son identité religieuse si elle veut faire face aux défis de la mondialisation et de l’immigration, a affirmé hier (26 janvier) Franco Frattini, ministre italien des Affaires étrangères.
S’adressant à l’assemblée du Conseil de l’UE, M. Frattini a déploré l’absence d’identité européenne commune.
D’un côté, nous reconnaissons plutôt à juste titre l’influence qu’ont les caractéristiques religieuses sur les identités des autres peuples, comme les Musulmans, a-t-il déclaré, mais d’un autre, lorsque nous parlons de notre propre religion, nous gardons nos distances.
Le conflit politique qui a conduit à retirer du traité de l’UE les références aux origines chrétiennes de l’Europe, à une Europe qui est incontestablement judéo-chrétienne, laïque et un produit des Lumières, a montré nos faiblesses, a ajouté l’ancien commissaire européen.
Le discours de M. Frattini, qui n’a pas évoqué la question des crucifix dans les salles de classe italiennes, était destiné à exprimer le point de vue de l’Italie sur la construction d’une identité européenne dans un monde globalisé.
La controverse sur les crucifix est néanmoins restée en suspens.
Le gouvernement conservateur du premier ministre Silvio Berlusconi, tout comme la majorité des italiens, s’oppose à l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme qui demande que les crucifix soient retirés des écoles italiennes.
D’après la Cour, la présence de symboles religieux dans les salles de cours contrevient à la liberté individuelle d’opinion. M. Frattini a dit aux journalistes que l’Italie interjetterait appel.
Dans son discours, le ministre italien a parlé du besoin de donner aux immigrants une voie d’intégration et a encouragé les autres pays à en faire autant.
La citoyenneté devrait être une réussite atteinte à l’issu d’un séjour complexe. Ce n’est pas un cadeau qu’on peut offrir à ceux qui ne sont pas prêts à l’accepter, a-t-il dit.
Nous devons demander une réciprocité dans la jouissance de nos droits. Les mosquées dans nos villes doivent avoir leur équivalent : des églises là où les Chrétiens, quelle que soit leur dénomination, demandent des églises, a-t-il ajouté.
EURACTIV avec Reuters, traduit de l’anglais par EURACTIV.