François Ruffin : "On va prendre sur les retraites des gens pour donner aux entreprises"
Le député de la France insoumise François Ruffin a accusé le gouvernement de vouloir réformer le système de retraites pour financer des allègements fiscaux en faveur des entreprises, mercredi (11 janvier) à l'Assemblée nationale.
Le député de la France insoumise François Ruffin a accusé le gouvernement de vouloir réformer le système de retraites pour financer des allègements fiscaux en faveur des entreprises, mercredi (11 janvier) à l’Assemblée nationale.
Sur la base du programme de stabilité présenté l’an dernier par le gouvernement à Bruxelles, il a affirmé qu’on « va prendre sur les retraites des gens pour donner aux entreprises ».
François Ruffin a cité à l’appui de cette assertion un passage du programme de stabilité qui dit que « la maîtrise des dépenses publiques repose principalement sur des réformes structurelles, la réforme des retraites notamment » dont le gouvernement attend 18 milliards d’euros d’économies d’ici 2030.
Afin de « renforcer la compétitivité des entreprises, l’activité et l’attractivité de l’économie française, le gouvernement continuera d’alléger et de simplifier la fiscalité des entreprises » et « proposera une suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) dès la loi de finances pour 2023 », selon ce texte transmis l’été dernier à la Commission européenne.
Cet allègement fiscal, qui a été étalé sur deux ans, représentera en 2024 un manque à gagner de 8 milliards d’euros pour les finances publiques. Il intervient après une autre baisse d’impôts de production pesant sur les entreprises pour 10 milliards d’euros en 2021.
Les aides publiques aux entreprises, c’est « 6% à 8% du PIB, c’est trois fois le budget de l’éducation, c’est 20 fois celui de la justice », a poursuivi François Ruffin lors d’un débat à son initiative sur ces aides à l’Assemblée.
Le ministre délégué à l’Industrie Roland Lescure a répondu que la réforme présentée mardi (10 janvier) par le gouvernement visait à pérenniser le système de retraites « sans alourdir de manière excessive les prélèvements qui pèsent déjà sur les entreprises et les ménages ».
« Les cotisations retraite sont pour 80% d’entre elles payées par les entreprises et permettent de financer l’essentiel du système de retraites auquel nous sommes tous très attachés », a-t-il défendu.
« Le choix qui a été fait en France c’est « on taxe beaucoup et on aide beaucoup », et peut-être que si nous devions dessiner le nouveau dispositif de prélèvement sur les entreprises, on taxerait beaucoup moins et qu’on aiderait sans doute aussi beaucoup moins », a-t-il expliqué, reconnaissant la complexité du système actuel composé de plus de 1 800 aides en faveur des entreprises.