François Hollande est perçu comme moins influent que Nicolas Sarkozy dans les affaires européennes

Quelque 65 % des Français pensent que le candidat à la présidence Nicolas Sarkozy serait plus à même d’influencer les affaires européennes que son rival socialiste, François Hollande. C’est ce que révèle un sondage publié par EURACTIV France.

EURACTIV.com / EURACTIV.fr
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Quelque 65 % des Français pensent que le candidat à la présidence Nicolas Sarkozy serait plus à même d’influencer les affaires européennes que son rival socialiste, François Hollande. C’est ce que révèle un sondage publié par EURACTIV France.

Quelque 27 % des personnes interrogées pour ce sondage pensent que M. Hollande serait plus à même de peser dans la balance à l'échelle de l'Union européenne », contre 65 % pour M. Sarkozy.

« Un tel écart est en partie à mettre sur le compte du statut actuel de Nicolas Sarkozy qui a déjà eu l'occasion de faire preuve de ses capacités à agir au niveau européen, à la différence de François Hollande », a déclaré Mark Kubista de l'institut CSA.

Les partisans du Front national d'extrême droite de Marine Le Pen et du centriste François Bayrou se sont largement prononcés en faveur de Nicolas Sarkozy en matière d'affaires européennes. Les électeurs du candidat d'extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon, étaient presque également divisés, avec un léger avantage pour M. Sarkozy, à 45 contre 43 %.

Quant aux électeurs socialistes, ils voient leur candidat mieux à même d'avoir de l'influence sur l'UE, à 63 %.

Cette enquête a été réalisée par l'institut CSA pour le compte d'EURACTIV France et du site Vigie2012. Le sondage a été mené les 24 et 25 avril, suite au premier tour des élections présidentielles. 1 004 personnes ont été interrogées par téléphone.

L'expérience européenne de M. Sarkozy joue en sa faveur

Cette différence pourrait s'expliquer par le manque d'expérience du candidat socialiste en matière d'affaires internationales, souvent pointé du doigt par son rival.

La présidence proactive du Conseil de l'UE menée par M. Sarkozy en 2008 pourrait également entrer en jeu, tout comme sa gestion de la crise de la zone euro, lors de laquelle il a souvent cherché à se poser en « sauveur de l'euro » aux côtés de la chancelière allemande, Angela Merkel.

Le candidat président a notamment axé sa campagne présidentielle sur des menaces d'abandonner certaines règles européennes si la France n'obtenait pas ce qu'elle souhaitait. Il s'est engagé à rétablir les contrôles aux frontières françaises et à suspendre la participation du pays à l'espace Schengen en cas d'échec des négociations pour le renforcement des contrôles anti-immigration.

Ces tactiques de négociation agressives dans ce domaine entre autres, ne sont pas sans rappeler la « politique de la chaise vide » exercée par le général de Gaulle dans les années 1960. Les Français ne semblent toutefois pas préoccupés par la perte d'influence de leur pays face à ses partenaires européens.

Les résultats de ce sondage varient considérablement selon le niveau d'éducation des participants. Au-delà de deux ans d'études universitaires, les Français sondés font largement plus confiance à François Hollande (52 %) qu'à Nicolas Sarkozy (37 %).

Les Français sans diplôme ou avec une éducation supérieure limitée pensent en revanche l'inverse, 50 % estimant Nicolas Sarkozy plus crédible, contre 37 % pour François Hollande.